C’est une innovation technologique parce qu'il s'agit d'une reconstruction sur mesure par un biomatériau intégré par le corps
C’est une innovation technologique parce qu'il s'agit d'une reconstruction sur mesure par un biomatériau intégré par le corps ©Getty - Shannon Fagan
C’est une innovation technologique parce qu'il s'agit d'une reconstruction sur mesure par un biomatériau intégré par le corps ©Getty - Shannon Fagan
C’est une innovation technologique parce qu'il s'agit d'une reconstruction sur mesure par un biomatériau intégré par le corps ©Getty - Shannon Fagan
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Au menu de ce journal des sciences : une greffe de nez à partir d'un matériau imprimé en 3D, la formation des narines, les taux de divorce chez des couples d’oiseaux migrateurs et le déroulement de la campagne de recrutement des astronautes de l’ESA.

Cette première mondiale est une prouesse réalisée par les équipes médicales et chirurgicales de l’Oncopole de Toulouse. La patiente en question a souffert d’un cancer des cloisons nasales, à la suite de traitements de radiothérapies et de chimiothérapies qui ont permis sa guérison, mais qui ont aussi entraîné une perte de son nez. Or aucune des reconstructions tentées n’a abouti, et elle ne supportait pas le port d’une prothèse, c'est pourquoi pendant presque dix ans, cette patiente a vécu sans nez.

Deux chirurgiens ont alors décidé d’utiliser un nouveau biomatériau, développé par un laboratoire de recherche, le CIRIMAT, et par une société belge, la société Cerhum. Matériau qui est déjà utilisé pour la reconstruction de maxillaire.

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Le biomatériau est constitué d'hydroxyapatite, un composant de l’émail de nos dents et nos os. Les chercheurs ont donc imprimé en 3D la structure du nez de la patiente avant ses traitements à partir d’images de scanners. Et ce nez prosthétique n’est pas lisse, il présente des interstices, des creux, des trous, pour que les tissus, les cellules et les vaisseaux sanguins puissent coloniser la structure…

La prothèse a ensuite été glissée sous la peau de l'avant-bras de la patiente - un acte qu’on appelle "mettre en nourrice". Deux mois plus tard, la colonisation était complète, le nouveau nez a pu être transplanté. C’est une innovation technologique parce qu'il s'agit d'une reconstruction sur mesure par un biomatériau intégré par le corps, et c’est une prouesse qui va considérablement améliorer la qualité de vie de cette patiente.

Entretien avec Agnès Dupret-Bories est professeure en chirurgie à l’Institut Universitaire de Cancer de Toulouse Oncopole, chercheuse au CIRIMAT, et en charge, avec le Dr Benjamin Vairel, de cette greffe.

LES MATINS DE CULTURE - 852 JDS /02 ITW Agnès DUPRET-BORIES version courte

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Toujours une histoire de nez… avec une question fondamentale : comment se forment les trous de nez ?

La disposition du visage est restée la même chez les animaux depuis près 500 millions d’années - une bouche, des yeux et des narines, à peu près à la même place - ce qui pourrait suggérer un mécanisme de développement commun, et c’est ce à quoi s'intéresse l’auteur de cette publication,  Vincent Fleury, chercheur CNRS du Laboratoire Matière et systèmes complexes. Il a ainsi filmé en haute résolution le développement d’embryons de poulet, en les sortant de leur sac amniotique pour les installer dans une cellule en verre, avec des petits rubans pour tourner dans la bonne orientation l’embryon. C'est le seul moyen de bien observer le phénomène puisque les embryons de vertébrés se développent tête vers le bas, et c’est également la première fois que cette méthode est utilisée.

Résultat, le chercheur montre que les trous de nez sont la conséquence directe de la contraction d’un pli au coin de la bouche, ce qui signifie selon l’auteur, que l'embryogenèse ne répond pas uniquement à l’expression de gènes, mais aussi à des mécanismes physiques, ce qui explique donc aussi la conservation de ces phénomènes au sein des espèces.

Les séparations chez les couples d’oiseaux sont plus courantes pour les grands migrateurs…

Ces couples ne se séparent pas parce qu’ils ne supportent plus, mais parce qu’un des deux n'attend pas le retour de l’autre… Et c’est un résultat étonnant, dans la mesure où 90% des espèces d’oiseaux sont monogames. Ils forment des couples qui se reproduisent majoritairement entre eux et élèvent ensemble leurs petits. Certains couples restent ensemble tout au long de la vie et certains se séparent, comme c’est le cas ici.

Pour en comprendre la raison, les auteurs de cette pré-publication ont étudié 232 espèces, leurs taux de “divorce” -et c’est bien le terme utilisé ici– en associant plusieurs paramètres tells que la mortalité ou le changement climatique, mais aussi celui de la distance parcourue pour lequel, par ailleurs, ils obtiennent la corrélation la plus forte. Par exemple, les grands hérons bleus, qui parcourent plus de 3000 kilomètres ont un taux de divorce de 100%. Les auteurs expliquent que ces séparations ont lieu pour leur permettre d’avoir une plus grande chance de se reproduire, et ne pas à avoir à attendre son partenaire s’il met trop de temps à rentrer, et surtout s’il ne rentre jamais.

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L’agence spatiale européenne, l'ESA, dévoile sa nouvelle promotion d’astronautes, dont la française Sophie Adenot… sélectionnée parmi plus de 22.000 candidats

22.589 personnes précisément ont déposé leur candidatures lors de la campagne de recrutement débutée au printemps 2021. C’est près de 15.000 personnes de plus que lors de la précédente campagne de recrutement en 2008. Comment cette nouvelle promotion a-t-elle été sélectionnée ? D’abord sur dossier, constitué de questionnaires et des CV des candidats, uniquement de nationalité d’un pays membre de l’ESA. Il fallait aussi avoir un master et trois ans d’expériences minimum en sciences naturelles, biologie, ingénierie, mathématiques ou en sciences informatiques, ce qui a permis de réduire drastiquement le nombre de postulants pour ramener leur nombre à 1.500.

Deuxième étape : une batterie de tests - psychométrique, psycho-cognitifs et des tests pratiques- puis des tests d’aptitudes physiques et mentales. Une sélection médicale donc pour répondre aux normes internationales pour les missions de longues durées. Et pour finir, deux entretiens, encore un pour tester les compétences des candidats, puis un entretien final avec le directeur de l’ESA Josef Aschbacher. Le groupe de 22.000 personnes finalement réduit à 5 astronautes officiels, mais aussi et pour la première fois 12 réservistes ont été sélectionnés, dont un para-astronaute, un astronaute présentant un handicap.

Merci à Agnès Dupret-Bories pour ses précieuses explications

Pour aller plus loin

Une patiente greffée avec un nez imprimé en 3D après avoir été cultivé sur son bras (Le Monde) 

Un grognement primitif à l’origine des trous de nez (CNRS)

Les taux de "divorce" sont plus élevés chez les oiseaux qui voyagent sur de longues distances (New Scientist, en anglais)

Espace : L’agence spatiale européenne dévoile ce mercredi sa nouvelle promotion d’astronautes (20 minutes)

L'équipe

Alexandra Delbot
Alexandra Delbot
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