Dans la cour de récré, le centre est souvent monopolisé par la partie de football
Dans la cour de récré, le centre est souvent monopolisé par la partie de football ©Maxppp - Vincent Isore / IP3
Dans la cour de récré, le centre est souvent monopolisé par la partie de football ©Maxppp - Vincent Isore / IP3
Dans la cour de récré, le centre est souvent monopolisé par la partie de football ©Maxppp - Vincent Isore / IP3
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Garçons et filles n'évoluent pas de la même manière dans l'espace stratégique de la cour de récréation. Les garçons occupent plus volontiers le centre quand les petites filles, elles, sont cantonnées aux périphéries. Reportage de Sarah Petitbon dans une école de Bordeaux.

Avec
  • Pascale Lapalud urbaniste
  • Corinne Luxembourg géographe

A l'école Pierre et Marie Curie, de Floirac, un quartier de Bordeaux, les élèves de la classe de CE2-CM1 mènent depuis plusieurs mois un travail sur l'égalité filles-garçons avec leur institutrice.

Le jour de notre reportage, ils recevaient en classe la géographe Edith Maruéjouls, spécialiste des questions de genre et de mixité. Avec elle, les enfants ont évoqué leur pratique de cette micro-société qu'est la cours de récré. Un espace que filles et garçons ne parcourent pas de la même manière.

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Selon la chercheuse, cette occupation inégale de la cour de récréation préfigure la manière dont, plus tard, hommes et femmes s'approprient l'espace public. Dès l'école, les petites filles adoptent des stratégies d'évitement et de contournement de certains espaces dans lesquelles elles se sentent rejetées ou illégitimes. Une attitude qui rappelle les tactiques adoptées plus tard par les femmes pour se protéger dans des zones urbaines qu'elles jugent peu sûres.

Comment penser la cour d'école

Penser autrement la cour de récréation, c'est possible. A Bordeaux, l'agence d'architecture EGA est chargée de concevoir le futur groupe scolaire Hortense, dont la livraison est prévue pour la rentrée 2020. Le bâtiment doit accueillir sept classes de maternelle et onze classes d’élémentaire.

Au cœur des réflexions des architectes : l'aménagement de la cour de récréation. Il s'agit de concevoir un lieu de vie et de socialisation qui permettent aux garçons et aux filles d'occuper l'espace d'égale manière.

Erik Giudice est le fondateur de l'agence d'architecture EGA. Il explique comment il a commencé à travailler en lien avec la géographe Edith Maruéjouls :

"La cour d'école est un des premiers espaces collectifs auxquels les enfants sont confrontés et qui les marque pour leur futur"

4 min

Nous avons une réflexion un petit peu comme pour des poupées russes. L'école est la grande maison qui par son enveloppe donne une sensation de collectivité ou de groupe. Et ensuite, à l'intérieur de cette grande coque, nous avons d'autres petites maisons qui permettent de constituer de plus petits groupes et d'avoir peut-être plus d'intimité au niveau de cette plus grande école. Donc, nous imaginons des cabanes pour certains espaces, comme pour la salle d'activités.

Le projet pour le groupe scolaire Hortense, à Bordeaux
Le projet pour le groupe scolaire Hortense, à Bordeaux

A découvrir aussi en ligne :

Cette géographe redessine les cours d'école pour que garçons et filles jouent ensemble. Article dans le Huffpost, par Annabel Benhaiem, janvier 2018.

Filles et garçons à l’heure de la récréation : la cour de récréation, lieu de construction des identifications sexuées. Par Sophie Ruel_, Université de Caen_ 

CNRS : Mixité dans les cours de récréation. Mémoire de Laura Poupinel de 2015

Genre et ville : plateforme lancée par notre invitée Pascale Lapalud

Matilda : plateforme sur laquelle vous trouverez notamment une vidéo dans laquelle une classe de 5e du collège Edouard Vaillant (Bordeaux) étudient avec leur enseignante de français et la géographe Edith Maruéjouls l'espace de leur cour de récréation, dessinent, observent, racontent le positionnement dans la cour des filles et garçons.

L'équipe

Aurélie Kieffer
Aurélie Kieffer
Aurélie Kieffer
Production
Annie Brault
Réalisation
Micro France Culture
Micro France Culture
Éric Chaverou
Collaboration
Sarah Petitbon
Journaliste