Dans le centre d'accueil Al Farah à Istanbul, les enfants syriens fabriquent des papillons pour s'envoler sur leurs ailes
Dans le centre d'accueil Al Farah à Istanbul, les enfants syriens fabriquent des papillons pour s'envoler sur leurs ailes
Dans le centre d'accueil Al Farah à Istanbul, les enfants syriens fabriquent des papillons pour s'envoler sur leurs ailes ©Radio France - Marie-Pierre Vérot
Dans le centre d'accueil Al Farah à Istanbul, les enfants syriens fabriquent des papillons pour s'envoler sur leurs ailes ©Radio France - Marie-Pierre Vérot
Dans le centre d'accueil Al Farah à Istanbul, les enfants syriens fabriquent des papillons pour s'envoler sur leurs ailes ©Radio France - Marie-Pierre Vérot
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Résumé

C'est le pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés au monde : 3 millions. L'Union européenne lui a promis 3 milliards d'euros, en échange la Turquie ne laisse plus passer les réfugiés. Une manne qui dessine aussi une nouvelle approche humanitaire. Reportage de Marie-Pierre Vérot.

avec :

Geneviève Jacques (Présidente de la CIMADE), Bayram Balci (Directeur de l'Institut français d'études anatoliennes à Istanbul).

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C’est - de tradition - une terre d’accueil. Depuis 1923 date de la fondation de la République laïque de Turquie pas moins de 2 millions et demi d’étrangers s’y sont installés.

Beaucoup ont acquis la nationalité turque, en 89 par exemple au moment de la chute du Mur … 300 000 Bulgares sont arrivés. Il faut dire que la plupart étaient turcophones … ce qui facilite les choses.

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Quand en 2011 la guerre éclate en Syrie à sa frontière, le Président turc pense d’abord pourvoir ramener son voisin et meilleur allié à la raison. En 6 mois, son ministre des Affaires étrangères fait 19 fois le voyage à Damas. En vain … Il faut donc se résoudre à exiger le départ de Bachar al Assad.

A ouvrir les frontières, au point d’installer le CNS - l’opposition rebelle syrienne, en Turquie.

Pendant plus de 4 ans … le Président Erdogan a voulu gérer seul cet afflux. Mais aujourd’hui, face à une guerre qui s’éternise, les presque 3 millions d’hommes, femmes et enfants syriens deviennent une charge qu’il peut monnayer. Ankara accueille plus de réfugiés syriens que n'importe quel pays au monde.

Tendant à l’Europe un miroir où elle lit son égoïsme et sa propre frilosité, le chef de L’État turc a donc négocié depuis l’automne 2015 une manne financière importante.

3 milliards d’euros ont été promis pour qu’Ankara tienne mieux ses frontières, empêche les migrants de rejoindre l’Europe et conserve sur son sol cette misère que nous ne saurions accueillir.

Pour l'heure, 1 milliard et demi d'euros sont déjà fléchés sur des projets et 748 millions ont été versés. Comment l'Europe utilise-t-elle cet argent, comment négocier avec un Président Erdogan devenu par ailleurs de plus en plus autoritaire, auteur de purges spectaculaires depuis l’été dernier et osant même tout récemment traiter l’Europe de « nazie » ? La manne en jeu, la durée de la crise dessinent un nouveau modèle humanitaire européen.

Deux priorités guident l'action de l'Union européenne. L'éducation et la santé.

L'un des projets phare, le Plan d'aide sociale d'urgence (Emergency Social Safety Net ESSN). Le plus important projet humanitaire de toute l'histoire de la Commission européenne. 348 millions d'euros lui ont été alloués. Un programme entre l'humanitaire et la politique publique. Il s'agit de distribuer à 1 million de réfugiés les plus vulnérables, une carte de crédit sur laquelle chaque mois est versée une somme qui servira à couvrir les besoins quotidiens. L'obtenir relève d'un parcours bureaucratique un peu laborieux.

Dans un bureau du Croissant rouge turc géré avec le Programme alimentaire mondial, à Urfa, dans le sud de la Turquie, proche de la frontière syrienne. Les réfugiés se pressent pour obtenir la carte ESSN
Dans un bureau du Croissant rouge turc géré avec le Programme alimentaire mondial, à Urfa, dans le sud de la Turquie, proche de la frontière syrienne. Les réfugiés se pressent pour obtenir la carte ESSN
© Radio France - Marie-Pierre Vérot
Il faut de nombreux documents pour récupérer le précieux sésame
Il faut de nombreux documents pour récupérer le précieux sésame
© Radio France - Marie-Pierre Vérot
Cette famille syrienne a obtenu la carte ESSN et peut désormais parer aux besoins les plus pressants
Cette famille syrienne a obtenu la carte ESSN et peut désormais parer aux besoins les plus pressants
© Radio France - Marie-Pierre vérot
Kamila et ses enfants ont fui Raqqa. Elle ne souhaite pas montrer son visage car elle a perdu la trace de son mari en Syrie et redoute des représailles de Daesch si elle est identifiée comme une fugitive aujourd'hui en Turquie
Kamila et ses enfants ont fui Raqqa. Elle ne souhaite pas montrer son visage car elle a perdu la trace de son mari en Syrie et redoute des représailles de Daesch si elle est identifiée comme une fugitive aujourd'hui en Turquie
© Radio France - Marie-Pierre Vérot

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Références

L'équipe

Tara Schlegel
Production
Annie Brault
Réalisation
Éric Chaverou
Collaboration
Abdelhak El Idrissi
Collaboration