Le système scolaire français est celui qui parvient le moins à réduire l'impact du milieu socio-économique des élèves. Alors que les enfants français entament les congés d'été, ces vacances "trop longues" sont désignées comme responsables.
- Sophie Vénétitay Professeure de SES, secrétaire générale du SNES-FSU (premier syndicat du secondaire)
- Pierre Périer Sociologue, professeur de sciences éducatives à l’Université Rennes 2
- Jérôme Deauvieau Sociologue, directeur du département des sciences sociales de l’ENS, spécialiste des questions d’éducation
Les écoles de la primaire au lycée ont fermé leurs portes pour huit semaines de congés d'été, des vacances trop longues selon Emmanuel Macron qui a estimé la semaine dernière à Marseille que celles-ci aggravent les inégalités. Selon le dernier classement PISA mesurant les performances des systèmes éducatifs, la France est l’un des pays qui réussit le moins à réduire l’impact du milieu socio-économique sur les résultats scolaires. Malgré les réformes qui se multiplient et malgré « cette passion de l’égalité » propre à la France selon Tocqueville, pourquoi l’école échoue-t-elle alors à offrir les mêmes chances à tous et pourquoi le temps de l’école ne suffit-il pas à effacer les inégalités scolaires ? Est-ce à l’école, ou en dehors, que se jouent la plupart de ces dernières ?
Tiphaine de Rocquigny reçoit Sophie Vénétitay, professeure de SES et secrétaire générale du SNES-FSU, Pierre Périer, sociologue et professeur de sciences éducatives à l’Université Rennes 2, ainsi que Jérôme Deauvieau, sociologue spécialiste des questions d’éducation et directeur du département des sciences sociales de l’ENS.
D’après Jérôme Deauvieau, “le premier élément dans le système français est la perte d’efficacité dans la transmission des éléments fondamentaux. Ces acquis baissent depuis trente ans de manière absolument vertigineuse. C’est là que se loge l’inégalité. Plus un système est efficace pour transmettre ces savoirs fondamentaux, moins la famille prend le relai.”
Au sujet des défaillances du système éducatif français, Pierre Périer confirme que “l’école française maintient des inégalités qui se reproduisent et peine à lutter contre la difficulté qui va s'incruster dans les parcours des élèves et s’amplifier au fil des années”.
Pour Sophie Vénétitay, enseignante dans le secondaire, “il est difficile de voir qu’on n’est pas en mesure de faire réussir les élèves en raison des carences de l’institution. On les maintient finalement dans leurs positions sociales d’origine, ce qui est terrible par rapport aux promesses de l’école.”
L'équipe
- Production
- Attaché(e) de production
- Attaché(e) de production