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Par Françoise Estèbe Réalisation: Christine Berlamont Ivy Compton-Burnett fut la contemporaine de Virginia Woolf, James Joyce et D.H. Lawrence, mais, à l'écart de la modernité, elle resta emmurée dans l'univers mental et familial de l'ère victorienne. De cette Angleterre défunte, elle décrit immuablement les rites et les passions, la majesté et l'horreur. A la suite de drames familiaux, Ivy Compton-Burnett vécut dans l'isolement, à l'écart de son temps et de ses contemporains. Pour elle, le monde s'est arrêté en 1914, "le soleil s'est éteint"... Son traducteur pour les Editions de L'Age d'Homme, Gérard Joulié, voit en elle l'incarnation couplée d'Euripide et d'Oscar Wilde. Cruelle, féroce, d'un humour carnassier, elle dissèque inlassablement de livre en livre les menus drames et les tragédies insondables du huis-clos familial, univers concentrationnaire où la haine et la volonté de puissance sont les principaux ressorts des intrigues. En dépit de son anachronisme, Ivy Compton-Burnett est un écrivain d'une grande originalité qui façonne tout en dialogues la matière romanesque. Ses romans ont tous la même structure, une ondoyante conversation ininterrompue - so english - tout en sous-entendus et en non-dits. Nathalie Sarraute voyait dans ce travail sur le langage l'éclatante modernité d'Ivy Compton-Burnett. Dans ce monde feutré de conventions et d'apparences, la vérité meurtrière éclate un jour avec fracas avant que ne retombe le silence, tel une dalle funéraire sur les passions enfouies. Qui fut la très secrète Ivy Compton-Burnett? Un monstre d'inhumanité ou une femme éminemment audacieuse qui sut, sans ciller, regarder en face les abîmes de l'âme humaine ?

Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Gilles Minot
Collaboration
Pascale Dassibat
Collaboration
Sophie Bober
Collaboration