France Culture
France Culture
Publicité
Avec

par Sophie Nauleau Réalisation : François Caunac Au bonheur des mots La singularité de la poésie de Pierre Reverdy n’a d’égale que la singularité de sa vie : De ma vie, je n’aurai jamais rien su faire de particulièrement remarquable pour la gagner, ni pour la perdre. Sa biographie, ainsi retracée à la légère, n'est pas celle d'un carriériste des lettres. Né à Narbonne en plein midi le 11 septembre 1889 selon lui, le 13 selon l’état civil, Pierre Reverdy est mort le 17 juin 1960 à Solesmes, non loin de l’abbaye. Solesmes où il vivait depuis 1926 en compagnie de sa femme, Henriette. Poète *de la tourmente impassible * , ami des plus grands peintres, homme secret retiré du siècle et de ses engrenages, livrant gaiement son épitaphe : *né le… mort le… Il n’y a pas d’évènements Il n’y a pas de dates Il n’y a rien C’est merveilleux. * Et pourtant Picasso, Brassaï, Braque, René Char, Coco Chanel et tant d’autres l’admiraient. Jean-Luc Godard lui-même le cite. Simon Hantaï lui dédia plusieurs toiles… Vagabond immobile, décrit pour ses colères autant que son cœur tendre, Reverdy est le fondateur de la célèbre revue Nord-Sud qui publia Apollinaire, Max Jacob ou Prévert, et annonça le surréalisme avec quelques années d’avance. Son œuvre s’impose désormais, solitaire et inégalée, au point que l’on a pu suggérer à juste titre qu’il n’était pas poète : il était la poésie même. Avec des archives et la voix de Pierre Reverdy.

L'équipe