Aaron Swartz, dix ans après : l’héritage d’un hacktiviste précurseur

Dix ans après sa mort, Aaron Swartz reste une figure de l’hacktiviste, génie de l’informatique.
Dix ans après sa mort, Aaron Swartz reste une figure de l’hacktiviste, génie de l’informatique. ©Getty - Boston Globe
Dix ans après sa mort, Aaron Swartz reste une figure de l’hacktiviste, génie de l’informatique. ©Getty - Boston Globe
Dix ans après sa mort, Aaron Swartz reste une figure de l’hacktiviste, génie de l’informatique. ©Getty - Boston Globe
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Dix ans après sa mort, que reste-t-il d’Aaron Swartz ? Les hommages s’annoncent nombreux en cette année 2023, pour saluer le rôle de l'hacktiviste précurseur, génie de l’informatique. Qui était-il ? Pourquoi est-il devenu une icône d’internet ?

Avec
  • Flore Vasseur Écrivaine, journaliste et entrepreneuse
  • Brice Augras Hacker éthique

Le 11 janvier 2013, Aaron Swartz s'est donné la mort suite à une poursuite en justice par l'État américain. Treize chefs d'accusation étaient retenus contre lui, dont vol, fraude informatique et accès illégal à des informations protégées. En quoi pouvait-il être considéré comme un « hacker », un technicien prêt à détourner l’usage des technologies pour le bien public ? Comment expliquer une telle surréaction du gouvernement américain ?

Des questions auxquelles répondront Flore Vasseur, écrivaine, journaliste et autrice de Ce qu'il reste de nos rêves (Ed. Equateur, 2019.), et Brice Augras, hacker éthique.

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Aaron Swartz : un "hacker" précurseur

À seulement 15 ans, alors qu’il n’a en sa possession aucun diplôme, Aaron Swartz est nommé comme chercheur à l'Université d'Harvard par le juriste et théoricien du droit de l’internet, Lawrence Lessig, dans un centre de recherches axé sur la corruption institutionnelle.

Le jeune Américain s’est imposé dans le domaine du web, définissant l’image du hacker telle qu’on la connait aujourd’hui. Pour Flore Vasseur, journaliste et autrice de Ce qu'il reste de nos rêves ( Ed. Équateurs, 2019.), Aaron Swartz était une icône précurseure du numérique : « C'est quelqu'un qui est né vraiment avec l'Internet, et qui est mort avec cet idéal démocratique. (...) Un individu qui s'est heurteéà l'indifférence des adultes, à l'indifférence du monde économique, sur le mur de l'argent et des intérêts privés. »

De nombreux "hackers" se sont identifiés à cette figure d'internet au début des années 2000. C’est le cas notamment du hacker éthique, Brice Augras, qui explique la manière dont il a découvert le domaine du hacking : « On ne s'identifie pas tout de suite comme hacker. On découvre et on met en application un état d'esprit qui est « comment je peux faire les choses autrement que ce qu'on attend de moi ? » et Internet le permet. Attention, ça ne veut pas dire que c'est illégal, c’est pour cela que je suis un hacker éthique. Parce que c’est quelqu'un qui revendique une citoyenneté, une légalité et qui est en opposition avec le terme péjoratif de hacker tel qu'on le définit de nos jours. »

Aaron Swartz : de l'entrepreneur au hacker éthique

Alors qu'il a fait fortune à seulement 19 ans en vendant le réseau social Reddit, dont il est l'un des co-fondateurs, Aaron Swartz renonce très tôt à l'internet mercantile pour se lancer dans l'activisme en faveur de la libre circulation de savoirs sur internet. Acteur d'internet très prolifique, on lui doit de nombreux outils numériques dont le flux RSS, ou la licence Creative Commons, encore largement utilisés aujourd'hui. Flore Vasseur revient sur sa manière de travailler : « Aaron était un esprit fougueux qui trouvait une certaine forme de pacification en s'asseyant à sa table de travail pour coder, et en même temps, son corps résistait et était tout le temps malade. Il y avait cette douleur permanente chez Aaron pour arriver à sortir la bonne idée, avec une exigence qui était probablement le moteur, le fuel de cette maladie. Il n’était jamais satisfait. »

Aujourd’hui, afin que le travail effectué par Aaron Swartz et nombre de ses homologues ne disparaisse pas, des hackers "web 3.0" se battent pour démocratiser la profession de hackers. Comme le dénonce Brice Augras : « On sait qu’en France, sur le vaste sujet qu'est la cybersécurité, on est dans un constat d'échec, on a un retard immense. Aujourd'hui, il ne faut pas qu'on lâche prise et, en particulier, sur le plan de l'éducation. Il faut qu'on forme la prochaine génération et pour cela, il faut adapter le système éducatif, il faut aller voir les ministères. Il faut nous faire confiance et nous laisser expliquer comment est-ce qu'on forme les prochains hackers de demain. »

Invité(e)s :

Flore Vasseur, écrivaine, journaliste et autrice de Ce qu'il reste de nos rêves (Ed. Équateurs, 2019.)

Brice Augras, hacker éthique

Une émission en partenariat avec Numerama. Retrouvez chaque semaine les chroniques de Marie Turcan et Marcus Dupont-Besnard.

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