Arabie Saoudite, Qatar : nouveaux royaumes de la Tech ?

Alors que le Qatar accueille la coupe du Monde de football 2022, il est aussi en parallèle un acteur important dans la course aux nouvelles technologies.
Alors que le Qatar accueille la coupe du Monde de football 2022, il est aussi en parallèle un acteur important dans la course aux nouvelles technologies. ©Getty - Hasan Zaidi / EyeEm
Alors que le Qatar accueille la coupe du Monde de football 2022, il est aussi en parallèle un acteur important dans la course aux nouvelles technologies. ©Getty - Hasan Zaidi / EyeEm
Alors que le Qatar accueille la coupe du Monde de football 2022, il est aussi en parallèle un acteur important dans la course aux nouvelles technologies. ©Getty - Hasan Zaidi / EyeEm
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Les États du Golfe sont connus pour s'être imposés dans le domaine pétrolier, mais aujourd'hui, ces mêmes pays se tournent vers des plans stratégiques visant les domaines de la technologie et du numérique. Comment les états du Golfe préparent-ils l’après-pétrole ?

Avec
  • David Rigoulet-Roze Chercheur à l'Institut Français d'Analyse Stratégique (IFAS) et chercheur associé à l'IRIS. Rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques.
  • Alain Musset Géographe, membre de l'Institut Universitaire de France
  • Clarence Rodriguez Journaliste française spécialiste de l’Arabie saoudite

Alors que la coupe du Monde de football 2022 s’est ouverte au Qatar le 20 novembre 2022, suscitant son lot de polémiques sur l’impact environnemental et le coût humain de l’accueil de cette compétition, Le Meilleur des mondes se penche sur les ambitions technologiques des pays du Golfe.

Pourquoi ces pays annoncent-ils les uns après les autres des plans stratégiques impliquant nouvelles technologies et numérique depuis le début des années 2000 ? En quoi le projet Neom est-il symptomatique du traitement autoritaire des pays du Golfe en matière de transition numérique ?

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Des questions auxquelles répondront David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l'IRIS, rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques, Clarence Rodriguez, ancienne journaliste correspondante en Arabie Saoudite et Alain Musset, géographe membre de l’Institut Universitaire de France et auteur de Station Metropolis direction Coruscant : ville, science-fiction et sciences sociales (Ed. Le Belial, 2019)

Les pays du Golfe : la fin d’une ère pétrolière

Dans ce contexte de guerre russo-ukrainienne qui engendre de nombreuses pénuries de carburants dans les pays du monde, les pays du Golfe en sortent particulièrement renforcés économiquement. Dans cette émission, François Saltiel et ses invités s’intéressent à l’avenir envisagé par ces pays du Golfe qui, pour la plupart, investissent de plus en plus dans le numérique et les nouvelles technologies.

Bien plus qu’un plan de communication, ces projets numériques et technologiques sont de réelles stratégies afin de préparer une ère post-industrielle de ces pays du Golfe. Comme l’explique David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l' IRIS, rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques : « Il y a un point commun à l'ensemble de ces pétromonarchies, c'est la prise de conscience et l'anticipation d’un horizon post-pétrolier. Ils entament une transition en utilisant la manne pétrolière actuelle, pour financer une multitude de projets à vocation numérique. »

L’Arabie Saoudite, un pays aux projets conséquents

En Arabie Saoudite, le prince héritier du pays, Mohammed ben Salmane, est un précurseur de ces projets numériques. En investissant des sommes importantes dans le domaine des nouvelles technologies et du numérique, le prince héritier d'Arabie Saoudite rencontre de nombreuses contestations. L’ancienne journaliste correspondante dans ce pays, Clarence Rodriguez, explique : « Le prince héritier impose sa politique et sa vision, cependant il va trop vite pour la population. L’Arabie Saoudite est un pays très conservateur et, par ses projets pharaoniques, Mohammed ben Salmane balaie le poids des traditions, de la religion et de la culture. Les gens ne se retrouvent pas forcément dans tout ce que le prince entreprend, et n'adhèrent pas forcément à sa politique. Mais lorsqu’on n’adhère pas à la politique en Arabie Saoudite, on finit en prison. »

L’un des projets pharaoniques du prince est le projet Neom, incluant une ville futuriste du nom de « The Line ». Cette ville du future, aux dimensions impressionnantes (200 mètres de large, 500 mètres de haut et 170 kilomètres de long), impressionne petits et grands mais laisse planer des doutes quant à son devenir. Sur un plan à la fois environnemental et politique, le projet fait douter Alain Musset, géographe membre de l’ Institut Universitaire de France et auteur : « Le coût environnemental de The Line va être désastreux. Malgré les promesses d’autosuffisance énergétique, il va falloir importer de nombreux matériaux : vitres, acier, béton, etc. Rien que le coût de transport de ces matériaux va être faramineux ! »

Et sur le plan politique,, le coût de ce projet n’est pas non plus sans conséquence. Alain Musset explique : « Le projet de The Line, c'est de construire une smart city. Cependant, l’un des principaux problèmes des smart cities, c'est le contrôle. Ce sont des villes sous contrôle permanent, ce sont des villes panoptiques et on ne peut pas y échapper. »

Les invité(e)s

David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l'IRIS, rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques

Clarence Rodriguez, ancienne journaliste correspondante en Arabie Saoudite

Alain Musset, géographe membre de l’Institut Universitaire de France et auteur de Station Metropolis direction Coruscant : ville, science-fiction et sciences sociales (Ed. Le Belial, 2019)

Une émission en partenariat avec Numerama. Retrouvez chaque semaine les chroniques de Marie Turcan et Marcus Dupont-Besnard.

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