
Alors que la loi SREN a été adoptée par l’Assemblée nationale le 17 octobre, Le Meilleur des mondes s’entretient avec celui qui porte ce projet de régulation depuis des mois : le ministre délégué au numérique, Jean-Noël Barrot.
- Jean-Noël Barrot Homme politique français
À l'occasion de cet épisode du Meilleur des Mondes, François Saltiel s'entretient avec Jean-Noël Barrot, ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargé du Numérique.
Un défi historique : encadrer nos usages sans restreindre les libertés
Avec le développement de la société de l'économie numérique, mais aussi avec l'apparition d'un certain nombre des inconvénients associés à la généralisation de cette technologie, les politiques s'intéressent de plus en plus aux enjeux du numérique. Pour faire face à ces prérogatives qui s'élargissent, un ministre chargé du numérique a été nommé ; Jean-Noël Barrot.
Ce dernier a pour objectif de sécuriser et réguler au mieux l'espace numérique, grâce à la loi SREN, qui vise notamment à interdire l'accès des sites pornographiques aux mineurs : "il faut trouver des outils de vérification d'âge qui respectent nos libertés, comme le double anonymat : le fournisseur de la preuve anonyme de majorité est aveugle sur la destination de cette preuve, et le site pornographique est aveugle sur l'identité de l'utilisateur."
L'ARCOM, Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, aura le rôle de faire respecter cette loi. Une dérive potentielle puisque, jusqu'à présent, ce pouvoir était réservé à une autorité judiciaire et non à une institution. Pourtant, Jean-Noël Barrot justifie ce choix en ces termes : "chaque fois que le juge est dessaisi au profit d'une autorité administrative, il faut vraiment se demander si on n'est pas en train de porter une atteinte disproportionnée aux libertés et aux libertés numériques. En réalité, ce que l'on confie à l'ARCOM, c'est le soin de vérifier si oui ou non un site a mis en place une vérification d'âge.".
Responsabilisation des plateformes, éducation au numérique et souveraineté technologique
Le ministre souhaite mettre en place une identité numérique, qui permettrait de remonter jusqu'à l'auteur de l'infraction en ligne uniquement sur demande de la justice : "je considère que le développement de l'identité numérique est un moyen de faciliter pour nos concitoyens l'accès aux services publics et l'accès aux droits. Je crois que nous sommes en retard sur ce sujet là.".
Jean-Noêl Barrot revient également sur le rôle fondamental du numérique : "l'outil numérique doit nous permettre de vivre une vie meilleure, mieux connectée avec nos semblables, plutôt que de nous isoler et nous assigner dans une forme d'attitude passive au monde. Et ça commence par l'éducation, à l'école, bien sûr, mais plus généralement une éducation populaire qui s'adresse à nos concitoyens quel que soit leur âge et qui leur présente le numérique dans ses dimensions créatives, communicatives et ses capacités à nous faire découvrir ce que nous ne connaissons pas suffisamment bien."
Pour aller plus loin, découvrez Les Nouvelles d'un Monde Meilleur de Juliette Devaux, toute l'actualité de la semaine qui éclaire le monde de la tech.
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