Selon les théoriciens de la "Quatrième révolution industrielle", l'intelligence artificielle et la robotique pourraient se substituer au travail humain
Selon les théoriciens de la "Quatrième révolution industrielle", l'intelligence artificielle et la robotique pourraient se substituer au travail humain
Selon les théoriciens de la "Quatrième révolution industrielle", l'intelligence artificielle et la robotique pourraient se substituer au travail humain ©Getty - Gremlin
Selon les théoriciens de la "Quatrième révolution industrielle", l'intelligence artificielle et la robotique pourraient se substituer au travail humain ©Getty - Gremlin
Selon les théoriciens de la "Quatrième révolution industrielle", l'intelligence artificielle et la robotique pourraient se substituer au travail humain ©Getty - Gremlin
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Résumé

Si certains prophétisaient la fin du travail, anticipant une automatisation massive de tous les secteurs, qu'en est-il réellement ? Quels sont les effets concrets de l'intelligence artificielle et de la robotique sur les travailleurs ? Notre rapport au travail est-il en passe d'être révolutionné ?

avec :

Odile Chagny (économiste, chercheuse à l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) et coordinatrice du réseau Sharers & Workers.), Juan Sebastian Carbonell (Chercheur en sociologie du travail et des relations professionnelles à l’ENS Paris Saclay), Nicolas Hazard (Entrepreneur, fondateur du groupe INCO).

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Dans cette émission, François Saltiel plonge dans un univers qui touche quasiment toute la population, celui du travail…Comment est-il chamboulé par l’essor de l’intelligence artificielle, de la robotisation et des nouvelles technologies ? Un secteur qui nourrit depuis toujours de multiples fantasmes comme le « grand remplacement technologique » promis depuis les années 2000…

Mais en attendant les robots, quels sont les effets concrets de la 4ème révolution industrielle sur les travailleurs, entre précarité, exploitation par les plateformes et quête de protections et de droits ?

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Enfin, au-delà des dérives de l’ubérisation, peut on espérer un monde meilleur avec l’usage d’une technologie salvatrice qui permettrait à l’humain assistance et émancipation ?

Voilà les questions du soir auxquelles vont tenter de répondre Nicolas Hazard, fondateur et président du groupe INCO, Julian Sebastian Carbonell, chercheur à l’ENS et Odile Chagny, économiste à l’IRES.

La théorie du grand remplacement

Dans une société où tout va très vite, l’intelligence artificielle, les algorithmes façonnent nos sociétés et améliorent nos façons de vivre. Mais est-il possible que les robots remplacent les humains et travaillent à notre place ? Pour Nicolas Hazard, fondateur et président du groupe INCO, la fin du travail pour les humains n’est pas pour demain. "Malgré l'émergence de la robotique et de l'intelligence artificielle qui ont pour conséquence de faire disparaître des dizaines de millions d'emplois dans les prochaines années, il y a aussi beaucoup d'autres opportunités qui vont être créées et qui vont permettre aux humains de continuer à travailler.”

Même si la théorie du "grand remplacement technologique" n’existe aujourd'hui qu'en théorie, certaines grandes plateformes numériques telles qu'Uber ou Amazon pourraient à terme s'engager dans le remplacement de la masse salariale par de la robotique et de l'intelligence artificielle, gage d'efficacité et de rationalisation des coûts. Mais pour le chercheur Juan Sebastian Carbonell, il est nécéssaire de relativiser l'idée d'un "tout technologique" dans le futur : “Une machine qui pourrait fonctionner de manière complètement autonome d'une intervention humaine est en fait pratiquement et même théoriquement impossible. Tous les exemples d'automatisation dont on discute et sur lesquels on crée cette peur du grand remplacement technologique occultent, un travail humain qui lui, reste bien nécessaire, bien concret, bien manuel et pénible. Selon moi, ce n’est pas une question d’années, c’est quelque chose qui n’aura pas lieu du tout.”

Se former au marché de la data

L’intelligence artificielle et la robotisation vont totalement modifier notre rapport au travail et à l'économie. Pour Odile Chagny, l’économie autour de la data est tout juste en train d’émerger et de se développer. “Tout ce qui est lié au partage de données, c'est à dire l'idée que sur les données que vous collectez sur les satellites, plutôt que de les utiliser dans un secteur, vous les partagez entre d'un côté l'agriculture et de l'autre les transports, permet de découvrir des potentialités nouvelles de création de valeur." On sait par ailleurs, que le secteur des Data Analytics est en pleine croissance et est un domaine pourvoyeur d'emplois. De fait, on commence tout juste, selon Odile Chagny, à entrevoir les potentialités de cette économie.

Pour Nicolas Hazard, tout se jouera au niveau de la formation : très peu d'individus sont préparés à cette nouvelle vague de révolution industrielle. "Le drame, c'est (...) qu'on ne forme pas aux métiers qui vont être créés demain. Beaucoup de personnes sont laissées de côté dans le cadre de cette quatrième révolution industrielle, alors qu'il y a des opportunités. Mais on ne les accompagne pas car le système aujourd'hui n'est pas du tout adapté à cette transformation.”

Les invité(e)s

Nicolas Hazard, fondateur et président du groupe INCO et auteur de Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? 21 métiers du futur à l’ère des robots et de l’intelligence artificielle (Ed. Flammarion, 2022)

Juan Sebastian Carbonell, chercheur en sociologie du travail et des relations professionnelles à l’ENS Paris Saclay, auteur de Le Futur du travail (Ed. Amsterdam, 2022)

Odile Chagny, économiste à l’IRES, co-fondatrice de Sharers and workers visant à favoriser le dialogue social au sein de l'économie des plateformes, co-autrice de Désubériser, reprendre le contrôle (Ed. Du faubourg, 2020)