Le Cyberpunk est un genre dystopique mettant en scène une société gouvernée par les nouvelles technologies
Le Cyberpunk est un genre dystopique mettant en scène une société gouvernée par les nouvelles technologies ©Getty - gremlin
Le Cyberpunk est un genre dystopique mettant en scène une société gouvernée par les nouvelles technologies ©Getty - gremlin
Le Cyberpunk est un genre dystopique mettant en scène une société gouvernée par les nouvelles technologies ©Getty - gremlin
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Depuis le début du XXe siècle, les auteurs de science fiction se sont largement penchés sur le concept de dystopie. En quoi celles-ci révèlent-elles les appréhensions d'une époque ? Comment les dystopies peuvent-elles nous alerter sur les risques inhérents à nos systèmes politiques, sociaux ?

Avec
  • Sara Doke Autrice et traductrice de science fiction et de fantasy
  • Xavier Dollo Libraire, auteur (sous le nom de Thomas Geha) et éditeur pour les éditions Argyll
  • Sylvie Denis Nouvelliste, romancière, essayiste, anthologiste, traductrice d’auteurs de SF et de fantasy, parmi lesquels Greg Egan, Stephen Baxter et Gail Carriger.
  • Yannick Rumpala maître de conférences en science politique à l'Université de Nice

Cette émission du Meilleur des mondes a été enregistrée au festival des Utopiales à Nantes. 

Pour cette émission, nous sommes partis à la redécouverte de nos origines, notre nom, le Meilleur des mondes, emprunté au roman dystopique d’Aldous Huxley publié en 1932.

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Quel est le lien entre dystopie et nouvelles technologies ? Comment les dystopies ont-elles évolué au gré des périodes et des inventions techniques ? Enfin que disent-elles des appréhensions d'une époque et de nos capacités à anticiper les menaces inhérentes à nos systèmes politiques, sociaux et économiques ? Bref, que reste-t-il de nos dystopies ?

Pour explorer le concept de dystopies, nous recevons : 

Yannick Rumpala, maître de conférences en science politique à l’Université Côte d’Azur et directeur de l’Équipe de recherche sur les mutations de l’Europe et de ses sociétés (ERMES) 

Sylvie Denis, nouvelliste, romancière, essayiste, anthologiste et traductrice d’auteurs de science-fiction et de fantasy 

Xavier Dollo, libraire, auteur et éditeur

Sara Doke, auteure et traductrice de science-fiction et de fantasy

La dystopie : un concept fertile pour la science fiction 

La dystopie apparaît à la fin du 19ème siècle, et renvoie à un lieu fictif dans lequel le bonheur est impossible. Le 20ème siècle a été une période fertile en dystopies, et l’un des romans matriciels du genre n’est autre que Le Meilleur des mondes, écrit et publié par Aldous Huxley en 1932. 

C’est  un roman matriciel. C’est une des premières dystopies qui s’inscrit dans l’histoire, avec toute une série de thématiques qui étaient appelées à avoir une fortune : la procréation artificielle, la coupure avec la nature, la rationalisation gestionnaire poussée à des extrêmes. Yannick Rumpala, maître de conférence en science politique 

Autre œuvre matricielle dystopique, 1984 de George Orwell ou Un Bonheur insoutenable de Ira Levin. Mais le titre Le Meilleur des mondes, devenu presque une expression générique aujourd’hui, fournit une définition intéressante de ce qu’est la dystopie : 

L’expression Le Meilleur des mondes nous apprend quelque chose de plus profond sur la dystopie. C’est en fait une utopie, une utopie figée, un idéal aux yeux d’un seul groupe, une idéologie spécifique qui est parvenue à vaincre tous les autres modèles et qui s’impose comme le seul, l’unique, l’inéluctable avenir de l’humanité. Marcus Dupont Besnard, journaliste

La fonction sociale de la dystopie 

Si les dystopies révèlent les appréhensions d’une époque, elles peuvent également nous alerter sur les risques inhérents à nos modèles sociaux, politiques et économiques. Ces dernières décennies, le genre de la dystopie a connu un essor particulier dans le secteur de la littérature jeunesse, avec des œuvres comme Hunger Games, la série Black Mirror ou plus récemment la série Squid Game

Dans les dystopies plus récentes essentiellement dirigées vers les jeunes adultes, ce qui est surtout mis en avant, c’est la révolte contre ce pouvoir absolu, contre cette politique dictatoriale qui refuse le changement et l’altérité. Sara Doke, autrice de science fiction et de fantasy

Si la menace d’un gouvernement totalitaire était au cœur des dystopies du 20ème siècle, il semble qu’aujourd’hui les appréhensions de l’époque nous poussent à imaginer l’avènement d’une société gouvernée par les technologies et les grands groupes privés. Ces prédictions   sont notamment visibles au sein d’un genre dystopique qui s’est développé à partir des années 80, le Cyberpunk. 

On a internet, c’est l’une des choses les plus Cyberpunk que l’on puisse avoir. Même si nous ne sommes pas encore dans le Cyberespace à la Gybson. Mais je crois que Mark Zuckerberg a quelques idées sur la question. Sylvie Denis, autrice de science fiction et de fantasy 

Une émission en partenariat avec Numerama : Retrouvez chaque semaine les chroniques de Marie Turcan et Marcus Dupont-Besnard