Les voitures volantes et la science fiction : de Jules Verne à Luc Besson, les voitures volantes ont marqué l'imaginaire européen au 20ème siècle ©Getty - Donald Iain Smith
Les voitures volantes et la science fiction : de Jules Verne à Luc Besson, les voitures volantes ont marqué l'imaginaire européen au 20ème siècle ©Getty - Donald Iain Smith
Les voitures volantes et la science fiction : de Jules Verne à Luc Besson, les voitures volantes ont marqué l'imaginaire européen au 20ème siècle ©Getty - Donald Iain Smith
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Résumé

La voiture volante est présente dans les univers de science fiction depuis le début du 20ème siècle, mais peut-on et doit-on vraiment espérer la voir apparaître ? Où en est le déploiement des véhicules autonomes et seront-ils à l'origine d'une révolution du transport ?

avec :

Jean-Baptiste Le Dall (Avocat spécialisé dans le droit automobile), Patrick Gyger (Directeur du Lieu Unique), Danielle Attias, Damien Deroanne (Consultant spécialisé dans le secteur automobile).

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Ce soir on embarque dans la voiture volante ou ce qu’il reste de ce rêve nourri par nos récits de science fiction. Est-elle encore d’actualité ou s’est-elle envolée à jamais ?

Et si l'on regarde devant nous, la voiture du futur est plutôt autonome : elle serait connectée et intelligente. Et surtout, elle est censée être déjà là... Mais de nombreux obstacles juridiques, techniques et psychologiques s’invitent sur sa route.

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Quels sont les enjeux de la voiture ou des véhicules sans chauffeur, que racontent-t-ils de nos imaginaires et plus généralement, comment appréhender la mobilité du futur ? 

Pour en discuter nous recevons : 

Danielle Attias, docteure en sciences de gestion et Professeur à l'École CentraleSupélec 

Patrick Gyger, écrivain et historien, lauréat du Grand Prix de l'Imaginaire 2010, auteur de Les nouvelles voitures volantes : la mobilité porte à porte (Ed. Favre, 2019)

Damien Deroanne, consultant spécialiste du secteur automobile

Jean-Baptiste Le Dall, avocat au barreau de Paris spécialisé dans le droit automobile

La voiture volante : le rêve d’un futur déjà passé ? 

La voiture volante est présente dans les imaginaires depuis le début du vingtième siècle en Europe : des ouvrages de Jules Verne au film de Luc Besson Le Cinquième élément, en passant par les films James Bond et Blade Runner 2049, la voiture-volante s’impose dans les univers de science-fiction les plus variés. Fascinés par cet objet symbole de liberté, de nombreux ingénieurs ont déployé des prouesses de technologie pour concevoir des modèles de voitures-volantes commercialisables dès les années 1920, en vain.  

L’idée de la voiture volante dans la science-fiction, elle est très ancienne, elle devient un poncif très vite. Et dans le réel, ce qui est assez intéressant c’est qu’elle se concrétise très vite. (…) Les premières voitures volantes, elles naissent dans les années 20. Il y a par exemple le français René Tampier que l'on voit au début des années 20 dans la presse de l’époque, traverser les grands boulevards avec un avion qui, les ailes repliées, devient une voiture. » Patrick Gyger, historien et écrivain 

Après une série d’expérimentations des années 20 jusqu’aux années 80, aucun modèle n’est finalement commercialisé en raison de divers problèmes techniques et d’un coût de production prohibitif. Le rêve de la voiture volante disparaît progressivement au profit de moyens de transport contournant l’exigence de bi-fonctionnalité, comme les « taxis volants », plus proches de l'hélicoptère. Mais la fin du fantasme de la voiture volante, semble également provenir d’un changement de paradigme.  

Les jeunes générations, on voit qu’elles sont très demandeuses de co-voiturage, de co-living, de cette économie du partage, y compris de partager ensemble le même véhicule ou de se le prêter l’un l’autre. On n’est plus du tout dans cette optique de « ma voiture, ma liberté » qui est un concept des années 60-70. Damien Deroanne, consultant spécialisé dans le secteur automobile 

La voiture autonome : la révolution du transport en marche ? 

L’appellation « voiture autonome » recouvre différents degrés d’autonomie du véhicule. Le niveau 0 et le niveau 1 correspondent à des voitures avec un minimum de technologies embarquées, le niveau 3 correspond aux voitures proposées aujourd'hui notamment par la marque Tesla qui offrent des fonctionnalités comme le pilotage automatique ou le freinage automatique, le niveau 4 correspond aux navettes autonomes aujourd’hui expérimentées dans de nombreuses villes. Enfin le niveau 5, est celui qui correspond à la robot-mobilité intégrale. Mais malgré l'avancée des technologies dans ce domaine, comment expliquer le lent déploiement des véhicules autonomes ? L'obstacle principal provient de l'acceptabilité des usagers, qui ont été fortement influencés par un accident survenu en 2018 et impliquant une voiture autonome Uber : 

Il y a eu un accident le 18 mars 2018 qui a arrêté le développement des voitures autonomes. Avec les médias et les réseaux sociaux, la même journée, l'image de l'accident a été des millions de fois partagées. Uber a perdu 30% en bourse le lendemain. » Damien Deroanne, consultant spécialisé dans le secteur automobile 

L'autre obstacle semble être d'ordre juridique. Toute la règlementation des véhicules autonomes est ainsi à réinventer, notamment pour déterminer quelle est la personne responsable à bord d’un véhicule piloté par de l’intelligence artificielle. 

En étant obligé de légiférer et de réglementer, cela permet de poser bien sûr les bases d’un code de la route des véhicule autonomes, mais aussi plus loin, ce sont les prémices d’une réglementation sur l’intelligence artificielle, sur les robots. » Jean-Baptiste Le Dall, avocat spécialisé en droit automobile 

Et dans le cas des navettes autonomes, dont plusieurs sont aujourd’hui expérimentées dans des villes européennes comme Genève, Lyon ou Copenhague, l’objectif à long terme est d’externaliser la conduite des véhicules en la déléguant à des opérateurs externes : 

Depuis deux ans, les opérateurs à bord des navettes sont complètements passifs, ils n’interviennent absolument pas. Il n’y a pratiquement aucune situation dans laquelle ils doivent intervenir, et l’idée c’est que l’on externalise ces opérateurs. On peut comparer ça aux tours de contrôle pour les avions. Danielle Attias, professeure à CentraleSupélec 

Références

L'équipe

Juliette Devaux
Collaboration
Vanessa Nadjar
Réalisation