Des chevaux sauvages sur Rapa Nui (l'île de Pâques) au Chili. ©Getty - SOPA Images
Des chevaux sauvages sur Rapa Nui (l'île de Pâques) au Chili. ©Getty - SOPA Images
Des chevaux sauvages sur Rapa Nui (l'île de Pâques) au Chili. ©Getty - SOPA Images
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Résumé

Au fil des siècles, l’homme et le cheval ont bâti une relation particulière. Chronique sur une histoire commune.

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Ganbold chevauche dans la plaine. Juché sur une monture de petite taille, il est à la recherche d’une horde de chevaux sauvages. Il veut contempler des chevaux de Przewalski. La monture de Ganbold est un cheval mongol. Une des races les plus anciennes des chevaux domestiques, celle des nomades de la steppe. 

Cette forme archaïque, robuste, exprime une forte diversité génétique qui témoigne de la faible pression de sélection exercée par les Hommes depuis sa lointaine domestication environ 2000 ans avant notre ère. Les chevaux de Przewalski, objets de la curiosité de Ganbold, sont les ultimes représentants véritablement sauvages – et pas retournés secondairement à la vie sauvage – de la lignée des équidés… 

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Encore que le débat subsiste puisqu’une étude de 2018 en fait des chevaux redevenus sauvages après une domestication remontant à 5500 ans avant notre ère. Quoi qu’il en soit, ces chevaux sauvages ont été découverts alors qu’ils étaient sur le point de s’éteindre, par Przewalski, un colonel russe au nom polonais. 

En 1879, l’époque ne faisait pas dans la dentelle. Les animaux sont chassés, certains sont capturés et installés dans des zoos. L’espèce disparaît totalement dans la nature en 1969. Elle y sera réintroduite avec un certain succès depuis les populations des zoos qui souffrent néanmoins d’une forte consanguinité. 

À travers les siècles et les sociétés, peu d’animaux domestiques ont bénéficié d’une image aussi positive que le cheval, exploité pour le transport, la guerre, le travail, la parade, le sport. 

Au point que la place symbolique du cheval a persisté dans des unités de mesure, comme le cheval-vapeur qui traduit une équivalence entre cheval et machine à vapeur. Cette ancienne unité de puissance, valant environ 735 watts, équivalait à la puissance fournie par un cheval tirant 75 kilogrammes en marchant au pas. Une unité dont on retrouve la trace sous le capot de nos voitures et jusque dans la fiscalité des véhicules. 

Du prestige à l'assiette 

Le cheval est depuis longtemps un animal de prestige et de parade par excellence, il est le destrier des chevaliers, puis une monture aristocratique. Pour les roturiers et paysans, il est un animal de travail : bâté, sellé, attelé, il transporte homme et marchandises, tire les herses et les charrues. Il fait tourner les meules, achemine le courrier, tracte les diligences. De ces différents usages sont nées de multiples races : andalous, ardennais, arabe, comtois, percheron, pur-sang, etc. 

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La page hippologie.fr en dénombre 197. En revanche, il n’est jamais consommé, l’hippophagie ayant été interdite par les papes au VIIIe siècle. Le cheval reste un tabou alimentaire. Ce tabou sera rompu pendant le siège de Paris de 1870. La population parisienne meurt de faim et mange des chiens, des rats et des chevaux. Dès lors, consommer du cheval n’est plus un sacrilège. La viande de cheval sera même réputée donner de la force dans le monde ouvrier du XXe siècle. 

D’animal de travail, il est devenu aujourd’hui animal de compagnie, et sa consommation est à nouveau délaissée en France. Il demeure le tiercé.