Composite de l'empreinte d'un Meganeura, genre aujourd'hui éteint et qu'on peut décrire comme une une libellule géante. Musée de Lodève.
Composite de l'empreinte d'un Meganeura, genre aujourd'hui éteint et qu'on peut décrire comme une une libellule géante. Musée de Lodève.
Composite de l'empreinte d'un Meganeura, genre aujourd'hui éteint et qu'on peut décrire comme une une libellule géante. Musée de Lodève. - Didier Descouens/WikimediaCommons/creativecommons.org
Composite de l'empreinte d'un Meganeura, genre aujourd'hui éteint et qu'on peut décrire comme une une libellule géante. Musée de Lodève. - Didier Descouens/WikimediaCommons/creativecommons.org
Composite de l'empreinte d'un Meganeura, genre aujourd'hui éteint et qu'on peut décrire comme une une libellule géante. Musée de Lodève. - Didier Descouens/WikimediaCommons/creativecommons.org
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Résumé

C’est une image digne d’un film fantastique ou d’un roman de Jules Verne : des insectes géants dans les airs et sur le sol. Il y a quelques millions d’années, c’était une réalité.

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Nous ne réalisons pas à quel point nous sommes accoutumés à la faune qui nous environne depuis notre enfance. De temps à autre, nous voyons bien une araignée un peu plus trapue que la moyenne. Dans les musées ou à l’occasion d’un reportage sur les tropiques, nous savons que les mygales sont encore plus grosses. 

L’été, les libellules déploient leur vol gracieux à proximité des rivières et des points d’eau. Nous les admirons sans nous douter qu’elles appartiennent à un groupe d’insecte, les odonates, qui s’enracine dans les marécages du Carbonifère. Nous ne nous doutons pas non plus que nos insectes et autres arthropodes d’aujourd’hui sont des nains comparés à ceux qui fréquentaient ces contrées. 

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Propulsez-vous, en imagination, 300 millions d’années en arrière. Vous êtes sur une planète à l’atmosphère riche en oxygène, près de 35%, de quoi vous donner un peu mal à la tête. Soudain, un vrombissement retentit. Surgit un petit avion. Il s’agit d’une Meganeura monyi, libellule géante de soixante-dix centimètres d’envergure et de trente centimètres de long ! 

Comme celles de nos petites libellules, ses ailes fonctionnent indépendamment les unes des autres lui conférant en vol les aptitudes d’un avion de chasse. La vie grouille sous les fougères arborescentes et les arbres qui bordent la côte marécageuse. Tout y est plus grand que dans notre monde. Arrive, se faufilant entre les troncs qui jonchent le sol, un Acantherpestes, mille pattes de cinquante centimètres. Un autre ondule, c’est un Arthropleura de 1,5 mètres et il a beau être de forme plus arrondie, il nous fait regretter nos scolopendres de quelques centimètres. 

Ce gigantisme des arthropodes terrestres pourrait venir de la forte teneur en oxygène de l’atmosphère du Carbonifère. En effet, les insectes oxygènent leurs organes via de petits orifices qui s’ouvrent sur un réseau de trachées. Dans cette tuyauterie, la diffusion des gaz reste passive et lente. Une contrainte qui explique pourquoi les insectes d’aujourd’hui, surtout les volants qui assument une grosse dépense énergétique, sont limités en taille.

La Meganeura de Commentry

Meganeura est le plus grand insecte volant connu. Enfin presque, car elle fut détrônée de peu par une cousine découverte en 1937 au Kansas, qui affiche 71 cm d’envergure et un corps de 43 cm. Mais Meganeura tient à défendre sa réputation et elle y est aidée par la ville de Commentry, paisible bourgade de l’Allier. 

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Je vous éclaire. À la fin du XIXe siècle, le bassin houiller de Commentry, devient mondialement célèbre à la suite de la découverte de fossiles d’insectes géants. L’histoire a débuté en 1878 quand l’ingénieur Henri Fayol récolte dans les mines des empreintes d’insectes. Plus de 1300 spécimens sont recensés par le paléontologue Charles Brongniart en 1885 et parmi eux, notre Meganeura. Elle devient alors un emblème pour la ville qui, reconnaissante, va aider à déboulonner la cousine du Kansas. 

Longez l’avenue du Président Allende et vous ne manquerez pas de voir la sculpture d’Alain Bourgeon, une Meganeura de plus de quatre mètres d’envergure. Alors qui est la plus grosse libellule ?
 

Références

L'équipe

Bruno David
Production
Charlotte Roux
Réalisation
Jules Crétois
Collaboration
Guillaume Lecointre
Collaboration