Ces chevaux pris en photo au pied des montagnes Rocheuses sont issus d'une race originaire des Appalaches, de l'autre côté du pays. Les chevaux voyagent.
Ces chevaux pris en photo au pied des montagnes Rocheuses sont issus d'une race originaire des Appalaches, de l'autre côté du pays. Les chevaux voyagent. ©Getty - Betty Wiley
Ces chevaux pris en photo au pied des montagnes Rocheuses sont issus d'une race originaire des Appalaches, de l'autre côté du pays. Les chevaux voyagent. ©Getty - Betty Wiley
Ces chevaux pris en photo au pied des montagnes Rocheuses sont issus d'une race originaire des Appalaches, de l'autre côté du pays. Les chevaux voyagent. ©Getty - Betty Wiley
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L’histoire d’un étonnant aller-retour à travers les continents et les siècles.

Nous sommes en 1876. La bataille de Little Big Horn vient de se terminer. Les Indiens ont mis en déroute les troupes du général Custer. À leur tête Crazy Horse, chef des sioux Lakotas, dont le nom évoque un cheval fougueux et indomptable. 

Un modèle de cavalier accompli, capable de décocher ses flèches juché sur sa monture lancée à plein galop. Une image d’Épinal qui tend à faire oublier l’histoire des chevaux en Amérique. 

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Lors de son second voyage en 1493, Christophe Colomb amène avec lui du bétail et des chevaux. Un peu plus tard, Cortés agresse le Mexique. Les Indiens sont terrorisés par les conquistadors et leurs animaux. Certains considèrent que cavaliers et montures sont des monstres qui ne font qu’un. 

Très vite, des chevaux s’égarent ou s’enfuient. Ils se reproduisent et se répandent sur de vastes territoires. Les mustangs, appaloosa et autres broncos témoignent de la facilité avec laquelle ces animaux s’acclimatent alors au continent nord-américain. Une telle extension va complètement bouleverser la géopolitique indienne, si l’on peut utiliser ce terme. 

Les chevaux du Mexique, redevenus sauvages intéressent les Indiens. Vers 1680, les Pueblos se révoltent et chassent les Espagnols du Nouveau-Mexique mais gardent leurs chevaux. L’usage du cheval s’étend aux Comanches, Kiowas, Cheyennes… 

Les tribus devenues expertes en équitation prennent l’avantage sur les autres qui s’y mettent à leur tour. C’est ainsi qu’à compter de la fin du XVIIe siècle les modes de vie ancestraux s’estompent et il s’installe un « empire  du cheval » qui va couvrir les Amériques du Canada à la Patagonie. 

Cette histoire bien documentée nous dit que les chevaux américains sont en réalité européens. Cela n’est pas faux, mais incomplet. Si l’on remonte plus loin dans le passé, bien plus loin, la paléontologie nous apprend que notre brave cheval, Equus caballus, est en réalité le dernier représentant d’une riche lignée évolutive née en… Amérique du nord ! 

Les chevaux passent le détroit 

L’histoire avait commencé il y a 55 millions d’années avec Hyracotherium, petit herbivore de la taille d’un chien qui marchait sur quatre doigts. La postérité du lignage s’affirma en Amérique du nord avec des équidés de plus en plus grands, et aux membres de mieux en mieux adaptés à la course, avec Mesohippus puis Miohippus

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Puis, ces animaux passent par le détroit de Behring émergé et se répandent en Eurasie à au moins deux reprises. Les Equus arrivent en Asie, puis gagnent l’Europe comme en témoignent les squelettes entassés au pied de la roche de Solutré datés de 35 000 ans ou les peintures rupestres de Chauvet et de Lascaux. Mais la lignée se porte mal. Elle va complètement s’éteindre en Amérique et frôler l’extinction en Eurasie où seuls survivront quelques hordes en Asie centrale. 

Ce cheval sera domestiqué 4500 ans avant notre ère au Kazakhstan ce qui l’a sauvé d’une disparition probable et lui a permis de retrouver la terre de ses ancêtres. Pour le cheval une belle histoire en forme de retour aux sources.