Une vue de la Côte de granit rose, dans les Côtes-d'Armor dans le nord de la Bretagne.
Une vue de la Côte de granit rose, dans les Côtes-d'Armor dans le nord de la Bretagne.
Une vue de la Côte de granit rose, dans les Côtes-d'Armor dans le nord de la Bretagne.  ©Getty - Cavan Images
Une vue de la Côte de granit rose, dans les Côtes-d'Armor dans le nord de la Bretagne. ©Getty - Cavan Images
Une vue de la Côte de granit rose, dans les Côtes-d'Armor dans le nord de la Bretagne. ©Getty - Cavan Images
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Résumé

Le granit et le granite ne sont pas la même chose. Le sujet de cette chronique est surtout le second, qui façonne la plupart de nos paysages et dont la solidité n'a pas d'égal.

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« Le temps aux plus belles choses se plaît à faire un affront. » Mots de Pierre Corneille adressé à Marquise, jeune actrice de la troupe de Molière, à qui il faisait la cour. 

Un vers qui s’applique avec tout autant de pertinence à des objets pourtant faits pour défier les siècles comme les cathédrales, le plus souvent édifiées en calcaire ou en grès. Des pierres qui se prêtent à des gestes artistiques audacieux, mais dont l’élégance n’empêche pas l’usure des siècles. Car ces roches sont sensibles aux outrages du temps, intempéries, pollution, pluies acides qui provoquent une desquamation des blocs et une fonte des statues, gargouilles et autres sculptures. 

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Par contraste, la ville d’Aberdeen est grise, et pour cela surnommée « The Grey City ». Cela peut paraître triste, mais après des siècles d’intempéries écossaises, elle est et sera toujours là. Aberdeen est aussi appelée « The Granit City ». Construites en pierre dont sont faits les menhirs d’Obélix, les maisons d’Aberdeen sont inusables. 

À ce stade, une précision s’impose. Les marbriers utilisent le mot « granit » (sans « e ») pour désigner des pierres granuleuses de différentes natures qu’ils taillent ou polissent pour édifier des tombes, revêtir des façades ou réaliser des dallages. Seulement, le monde des matériaux de construction n’est pas celui des géologues qui écrivent granite avec un « e », une nuance qui n’est pas de pure coquetterie. 

La secret de la recette du granite : chauffez à 800°C.

Car pour les géologues, le granite est une roche bien spécifique. La recette du granite réunit trois ingrédients principaux : du quartz, des micas et des feldspaths. Vous pouvez y ajouter une pincée d’amphiboles ou de pyroxènes, plus quelques grenats si vous en avez. Tous ces types minéralogiques sont à ranger dans la famille des silicates, notre granite est donc une roche silicatée. 

Ensuite, c’est un peu comme pour un cake. Vous mélangez bien le tout, vous enfouissez et chauffez à l’intérieur de la croûte terrestre, voire plus profond dans le manteau supérieur. Selon la pression ambiante, vous devez obtenir un magma homogène vers 800 ou 900°C. 

Il ne reste plus qu’à laisser refroidir doucement de manière à laisser le temps pour la formation de cristaux. Les premiers à apparaître seront les pyroxènes et les amphiboles, puis les feldspaths, le mica et enfin le quartz qui viendra occuper la place restante. La roche granuleuse est prête à faire surface. 

Les granites sont très abondants sur Terre où ils forment l’essentiel de la croûte continentale, et ils façonnent nombre de nos paysages. 

Que ce soit après une longue érosion, les chaos de boules de granite rose que l’on admire à Trégastel, comme les pierres branlantes du Limousin qui oscillent à la moindre impulsion. Ou à l’inverse, les montagnes des massifs cristallins des Alpes dont leur plus haut sommet, le Mont Blanc, mais encore ces dents qui s’élancent vers le ciel, terrain de jeu des alpinistes : Drus, Dent du Géant, Aiguille Verte. 

À propos de dents, si les miennes étaient en granite je n’aurais plus peur du dentiste.

Références

L'équipe

Bruno David
Production
Charlotte Roux
Réalisation
Jules Crétois
Collaboration
Guillaume Lecointre
Collaboration