L'hippocampe compte 220 espèces
L'hippocampe compte 220 espèces
L'hippocampe compte 220 espèces ©Getty -  Marcos DEL MAZO
L'hippocampe compte 220 espèces ©Getty - Marcos DEL MAZO
L'hippocampe compte 220 espèces ©Getty - Marcos DEL MAZO
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Résumé

Même si Air France en a fait son emblème, l'hippocampe est avant tout un poisson. Sa particularité : nager à l'aide d'une nageoire dorsale le ventre en avant. Et s'il se hâte avec lenteur, l'hippocampe a plus d'un tour dans son sac pour faire face à ses prédateurs.

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En 1933, la compagnie aérienne Air France se dote d’un drôle d’emblème. Un Pégase à queue de poisson. Étrange chimère, que tout le monde baptise aussitôt « hippocampe ». Même si l’hippocampe d’Air France a des ailes, ce qui est la moindre des choses pour incarner une compagnie aérienne, on est en droit de se demander ce qu’un poisson vient faire là. 

Je me permets de rappeler que l’hippocampe est un poisson, certes bizarre, mais un poisson au même titre que la truite ou le mérou. Avec 31 000 espèces, plutôt diversifiés, les poissons ! Ce qui laisse la place à des formes étranges dont les hippocampes. Je dis bien hippocampes au pluriel car il en existe 220 espèces. Les hippocampes tirent le début de leur nom du grec hippos qui évoque leur similitude avec un petit cheval. 

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Mais leur bizarrerie ne s’arrête pas là. La plupart des poissons nagent la tête la première en se propulsant avec leur nageoire caudale. L’hippocampe, lui, nage le ventre en avant. Il avance grâce à sa nageoire dorsale, qui bat très vite, mais comme elle est loin d’être aussi puissante qu’une queue, l’animal se hâte avec lenteur. 

Un poisson qui a plus d'un tour dans son sac

Ce n’est donc pas le genre de poisson intrépide qui parcourt de grandes distances. Comme il est très lent, l’hippocampe devient une proie facile. Mais il a plus d’un tour dans son sac. Première protection, rester discret. Libérée de sa fonction locomotrice, la queue de l’hippocampe est transformée en organe d’accrochage. L’hippocampe l’enroule autour d’un support végétal et s’immobilise pour se cacher. 

Deuxième protection, les hippocampes ont une armure. Ils ont des plaques osseuses dans leur peau, un peu comme les crocodiles. Cette sorte de cotte de maille fait qu’ils n’ondulent pas comme les autres poissons, ce qui explique leur nage peu puissante. 

Autre curiosité, leur ressemblance avec les algues et herbes sous-marines. Les membres de la famille des hippocampes, les syngnathidés, sont des experts en camouflage ! Difficile de les distinguer de la végétation ambiante. Les prédateurs ne les voient pas, ni leurs proies. 

Car sous leur air gentil, les hippocampes sont des carnivores. Ils mangent de petits crustacés qu’ils repèrent grâce à deux gros yeux qui bougent comme ceux des caméléons. Puis ils les aspirent à l’aide de leur bouche qui fonctionne comme le tuyau d’un aspirateur ! 

Chez l'hippocampe, c'est le père qui porte les petits

Question soin parental, les hippocampes sont exemplaires. La femelle pond des centaines d’œufs non fécondés qu’elle dépose dans une poche que le mâle porte sur son ventre. Une sorte de poche de kangourou ! Les œufs y seront fécondés, puis le mâle les gardera durant un mois. Une fois éclos, les petits hippocampes resteront vers leur père quelques jours avant de s’émanciper. Beaucoup seront mangés par les prédateurs. Quelques-uns deviendront adultes, capables de vivre trois ou quatre ans. 

Voilà donc un poisson avec une tête de cheval, un bouclier de crocodile, une queue de singe, des yeux de caméléon, une poche de kangourou… Sans oublier Air France, qui avait ajouté Pégase à cette véritable chimère vivante !

Références

L'équipe

Bruno David
Production
Charlotte Roux
Réalisation
Jules Crétois
Collaboration
Guillaume Lecointre
Collaboration