Cette vue en contre-plongée sur des noix de coco donne envie de se prélasser...
Cette vue en contre-plongée sur des noix de coco donne envie de se prélasser...
Cette vue en contre-plongée sur des noix de coco donne envie de se prélasser...  ©Getty - Alexander Spatari
Cette vue en contre-plongée sur des noix de coco donne envie de se prélasser... ©Getty - Alexander Spatari
Cette vue en contre-plongée sur des noix de coco donne envie de se prélasser... ©Getty - Alexander Spatari
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Résumé

Une chronique qui brise les idées reçues sur la nature même du cocotier et les expressions qu’on lui rattache.

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Un naufragé dépenaillé se morfond, seul à l’ombre d’un unique cocotier sur un îlot minuscule. Ce cocotier est sa seule ressource, enfin c’est ce qu’il pense. Car la noix de coco est le fruit le plus dur au monde. 

Il est impossible de l’ouvrir à la main ou au couteau, il faut la fracasser. Cette difficulté ajoute une pincée de suspense. Notre naufragé va-t-il mourir de soif faute d’avoir pu ouvrir ce satané fruit ? Une scène que l’on trouve dans le film « Seul au monde » où le personnage joué par Tom Hanks s’échine désespérément à ouvrir une simple noix de coco. 

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La noix de coco est le fruit du cocotier Cocos nucifera, qui est l’un des représentants de la famille des palmiers. Le cocotier est probablement originaire de Malaisie ou de Mélanésie, mais il est aujourd’hui répandu dans la plupart des pays tropicaux. Plus de 70% de la production mondiale relève de trois pays seulement : l’Indonésie, les Philippines et l’Inde. 

J’apporte ici une précision botanique. Le cocotier n’est pas d’un arbre à proprement parler, mais une plante, car, contrairement à ce qui saute aux yeux, personne ne grimpe au tronc d’un cocotier pour la bonne raison que le cocotier n’a pas de tronc. 

Ce que l’on prend pour un tronc est un stipe formé par l’emboîtement de la base des feuilles qui s’empilent au fur et à mesure que la plante grandit et que de nouvelles feuilles apparaissent. Ce faux tronc peut néanmoins mesurer jusqu’à 25 mètres de haut et correspondre à un siècle d’empilement. 

Quoi qu’il en soit, se prélasser sous les cocotiers reste une belle image. Mais passons des images d’Épinal aux malentendus et plus précisément aux erreurs phonétiques, et donc aux « mal entendus » au sens propre. 

C'est quoi, « secouer le cocotier » ? 

Vous connaissez tous l’expression imagée : Lucienne a « gagné le cocotier ». Une expression qui signifie que cette Lucienne accède enfin à une chose longuement ou durement convoitée. Par ironie, cette expression souligne aussi qu’une personne incompétente a fini par « gagner » des ennuis à force de maladresses répétées.

À réécouter : D’un sexe à l’autre : le maïs

Mais que vient faire le cocotier dans cette galère ? La réponse est : rien ! Tout cela n’a rien à voir avec les cocotiers ! Il s’agit d’une déformation phonétique de « gagner le coquetier ». En effet, une tradition voulait que l’on offre au nouveau-né un coquetier ou une timbale gravée à son nom. Ces objets, souvent en argent, avaient une valeur symbolique, même si le nouveau-né, lui, n’en avait que faire. 

Autre malentendu, l’expression « secouer le cocotier ». On croit souvent qu’il s’agit de secouer la plante pour en faire tomber les noix de coco. Il s’agirait en réalité de faire place aux jeunes. L’expression remonterait au XIXe siècle, où l’on aurait observé que sur certaines îles polynésiennes, les personnes âgées étaient incitées à grimper au sommet d’un cocotier qui était ensuite secoué afin d’éliminer les plus faibles. Cruel ! 

Quant à « mon coco », « mon petit coco », « mon pauvre coco », cette ribambelle n’a rien à voir avec le cocotier, mais plutôt avec le coq et donc avec coco-rico !

Références

L'équipe

Bruno David
Production
Charlotte Roux
Réalisation
Jules Crétois
Collaboration
Guillaume Lecointre
Collaboration