Un visiteur devant la toile "composition sans titre" d'Hergé au Grand Palais à Paris le 22 septembre 2016
Un visiteur devant la toile "composition sans titre" d'Hergé au Grand Palais à Paris le 22 septembre 2016
Un visiteur devant la toile "composition sans titre" d'Hergé au Grand Palais à Paris le 22 septembre 2016 ©AFP - SABINE GLAUBITZ / DPA
Un visiteur devant la toile "composition sans titre" d'Hergé au Grand Palais à Paris le 22 septembre 2016 ©AFP - SABINE GLAUBITZ / DPA
Un visiteur devant la toile "composition sans titre" d'Hergé au Grand Palais à Paris le 22 septembre 2016 ©AFP - SABINE GLAUBITZ / DPA
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Résumé

Petite réflexion autour d'un article qui met en lumière, cette rentrée, les nombreuses convergences entre la bande-dessinée et la peinture.

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Antoine Guillot m’a envoyé la semaine dernière un article du site “ActuaBD”, signé par Didier Pasamonik dont je vous lis une partie de l’accroche:

“Le dialogue entre la BD, ce truc niché entre la littérature et les arts visuels et la peinture, le quatrième des beaux-arts selon la classification schopenhauerienne, n’a jamais été aussi intense que ces derniers temps”.

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L’article est donc une sorte de revue des rencontres proposées en cette rentrée entre la bande dessinée et les beaux-arts. Il y est question de cette exposition Hergé au Grand Palais, je cite “où les concepteurs tentent de nous le vendre comme si c’était Goya”, et des diverses publications qui l’accompagnent; Il y a aussi une parution intitulée « René Magritte vu par… », un album dans lequel des auteurs comme David B ou Gabriella Giandelli évoquent par la bande dessinée leur rapport au peintre, tandis qu’une exposition Magritte bat son plein au centre Pompidou. Il y a enfin, un album et une exposition mêlant des dessins de Joann Sfar et l’œuvre de Dali. A la fin de l’article l’auteur émet plusieurs hypothèses pour expliquer la prolixité de ce dialogue : la recherche d’un vrai terrain d'inspiration mutuelle, l’expression d’un complexe d’infériorité du côté des dessinateurs de bande dessinée, ou encore des enjeux de gros sous dans deux univers où il s’agit de tirer son épingle du vaste jeu. Sur le même site on avait pourtant lu il y a quelques années une critique plutôt positive de l’exposition « Vraoum! », exposition qui faisait dialoguer bande dessinée et art contemporain à la Maison Rouge à Paris. L’article était même plutôt revendicatif d’un pied d’égalité, considéré comme insuffisant, quand les œuvres d’art faisaient l’objet d’accrochages très élaborés et les planches de bande dessinées étaient classées elles selon un parcours arbitraire et peu réfléchi. Il s’agissait là de revendiquer le statut exposable et profondément artistique de la bande dessinée. Ce dernier article est lui très différent. Le ton est très ironique, et cible probablement la banalisation de ce dialogue entre le neuvième art et l’art dit « noble » dans un monde où la recherche universitaire et les grands musées se sont emparés de la bande dessinée, et où il n’y a plus guère qu’Alain Finkielkraut pour la considérer comme un art mineur. Une manière peut-être de revendiquer de nouveau le caractère profondément indépendant de la bande dessinée parmi les disciplines artistiques, et la sortir de ce mouvement d’habilitation forcée dont elle a ces dernières années été l’objet.