Anonyme. La vente des oignons de tulipe, XVIIe s. Huile sur bois. Musée des Beaux-Arts de Rennes - Ptyx. Wikimedia Commons
Anonyme. La vente des oignons de tulipe, XVIIe s. Huile sur bois. Musée des Beaux-Arts de Rennes - Ptyx. Wikimedia Commons
Anonyme. La vente des oignons de tulipe, XVIIe s. Huile sur bois. Musée des Beaux-Arts de Rennes - Ptyx. Wikimedia Commons
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Résumé

Les crises financières et leur lot d'éclatement de bulles spéculatives ne datent pas d'aujourd'hui. Au XVIIe siècle, entre 1634 et 1637 précisément, ce sont des bulbes de tulipes qui donnèrent la fièvre aux Hollandais, jusqu'à ce que la bulle éclate, plongeant le pays dans la dépression.

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En 1636, en Hollande, on est en pleine Tulipomania : les bulbes de tulipes s'achètent par cargaisons entières et se revendent plus cher qu'un Rembrandt. Les riches bourgeois fantasment sur les splendides jardins de Constantinople que le grand commerce en plein essor met à portée de leurs mains. Les commerçants au long-cours et leur financeurs y voient une belle aubaine. Ils affrètent des navires et font venir de l’Empire ottoman des caisses entières de bulbes de tulipes qu’ils achètent avant que la cargaison n’arrive pour les revendre à prix d’or.

Des bulbes de tulipes revendus à prix d’or

Dans sa Brève Histoire de l'euphorie financière (1992, édition française), l’économiste américano-canadien John Kenneth Galbraith emprunte une anecdote au journaliste britannique Charles Mackay, qui dans son ouvrage de 1841,  Extraordinary Popular Delusions and the Madness of Crowds, racontait les illusions extraordinaires de l’opinion et la folie collective. L’anecdote reprise par Galbraith est celle d’un jeune marin hollandais du XVIIe siècle. Épuisé par sa longue traversée, affamé, celui-ci reprend des forces en mangeant un beau hareng rouge et en croquant dans ce qu’il croit être un vulgaire oignon, trouvé sur le pont et sans doute tombé de la cargaison qu’il vient de décharger. Le pauvre bougre ignore que l'objet de sa gourmandise est un bulbe de Semper Augustus – variété la plus convoitée de Tulipe tigrée, qui se négocie alors aux environs de 3 000 florins ! Bien assez pour acquérir "un carrosse neuf, deux chevaux gris et leur harnais", écrit Mackay, bien plus cher qu’un Rembrandt ! Imaginez un peu le courroux du marchand et de sa famille qui, en arrivant au port pour réceptionner leur marchandise, retrouvent le jeune matelot sur le pont du bateau en train de "faire un petit-déjeuner dont le prix aurait pu suffire à nourrir l’équipage pendant toute une année". Furieux, ils firent jeter le malheureux en prison.

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Une stratégie très rationnelle d’enrichissement

Fallait-il être fou pour acheter un bulbe de tulipe à un tel prix ? Tant que tout le monde partageait la conviction qu’un bulbe acheté même très cher se revendrait encore plus cher le lendemain, c’était au contraire une stratégie très rationnelle d’enrichissement. Mais les arbres ne montent pas jusqu’au ciel et arrive toujours un moment où le consensus se retourne. Mieux vaut alors ne pas être le dernier à vendre (…)

Variété Semper augustus, dessin du XVIIe siècle. Artiste inconnu
Variété Semper augustus, dessin du XVIIe siècle. Artiste inconnu
- Source commons wikimedia

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