Lignes de pièces de 1 euro en circulation
Lignes de pièces de 1 euro en circulation
Lignes de pièces de 1 euro en circulation ©Getty - Hiroshi Watanabe
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Résumé

Quand des réformes réglementaires ont lieu, les représentants du secteur bancaire s’y opposent autant que possible. Savez-vous pourquoi ?

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 Quand des réformes réglementaires ont lieu - et il faut une crise de grande ampleur pour en faire réaliser la nécessité - les représentants du secteur bancaire ou disons, le lobby bancaire, s’y opposent autant que possible, y voyant de moindres profits à la clé quand, pour la collectivité, il s’agit d’obtenir une plus grande stabilité du secteur. Pour s’y opposer, le lobby bancaire manie une arme aussi insidieuse que redoutable forgée dans le discours qu’il installe dans le débat public à propos de la réglementation, et par lesquels ses représentants parviennent à convaincre gouvernants, régulateurs et législateurs de limiter les réformes bancaires et financières.

Limiter les réformes bancaires et financières : une arme de capture intellectuelle

C’est une arme de capture intellectuelle, un discours de l’inaction, qui s’articule autour des trois grandes figures rhétoriques, qu’Albert O. Hirschman, formidable économiste et sociologue du 20ème siècle, avait étudiées dans son livre, Deux siècles de rhétorique réactionnaire (1991), en s’intéressant à un autre discours, celui des réactionnaires qui, de la Révolution française jusqu’à la mise en place de l’État providence, s’opposaient au progrès social. 

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La première de ces trois grandes figures rhétoriques est "l’effet pervers" : en substance, gardez-vous de réformer car "le remède sera pire que le mal !". C’est par exemple l’idée que Bâle III favoriserait l’essor du shadow banking (des banques fantômes faisant tout comme les banques, mais sans être réglementées comme elles). Joli tour rhétorique que celui qui consiste à installer l’idée que plus on régule plus on dérégule ! Si l’argument prend si bien, c’est parce qu’il entremêle du vrai et du faux : ce qui est vrai c’est que le shadow banking a poursuivi son essor pendant la crise et après l’entrée en vigueur de Bâle III mais ce qui est faux c’est de le présenter comme la nécessaire conséquence du renforcement de la réglementation bancaire.  L’essor du shadow banking avait débuté bien avant 2008 et il fait partie de ce qu’il faut réguler, pas de ce qui doit stopper la régulation !

Qu'en est-il des deux autres figures ? (…)

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