Un homme paye son essence à la pompe
Un homme paye son essence à la pompe
Un homme paye son essence à la pompe ©Getty - Grace Cary
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Résumé

Une proposition de carte carbone pour gérer notre quota individuel d’émissions de gaz à effet de serre a été débattue au Royaume Uni, dans les années 2000. Serait-il temps de remettre l’idée au goût du jour ?

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Face à la difficulté de tenir les trajectoires climatiques définies dans l’Accord de Paris, d’aucuns proposent de recourir à une politique de quotas. C’est le cas du projet de la carte carbone - ébauchée selon des modalités différentes par l’économiste David Flemming et le politiste Mayer Hillman, dans les années 1990, et qui a fait l’objet d’un certain engouement au Royaume Uni dans les années 2000. Cet instrument de rationnement vise à octroyer à chaque individu un quota annuel de droits d’émissions de GES pour sa consommation d’énergie primaire, c’est-à-dire pour ses déplacements (essence et billets d’avion) et sa consommation d’énergie liée au logement (fioul, gaz et électricité). Comment est-ce que cela pourrait fonctionner ?

En pratique chaque personne disposerait d’une carte à puce, qui lui servirait à comptabiliser les émissions correspondant à sa consommation

Il s’agit de partir des limites physiques de la planète, pour définir ces quotas. Une autorité indépendante serait par exemple chargée de la définition d’un budget carbone national conforme avec les engagements climatiques internationaux. Pour ce qui relève de la consommation d’énergie primaire, le budget serait réparti à parts égales sur l’ensemble de la population. En pratique chaque personne disposerait d’une carte à puce, qui lui servirait à comptabiliser les émissions correspondant à sa consommation. Ainsi pour faire un plein à la station-service, l’automobiliste devrait non seulement payer son essence en monnaie, mais également payer son prix climatique, en déduisant le nombre de droits d’émissions correspondant à la pollution engendrée.

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Tout le monde n’a pas le même niveau de consommation d’énergie, direz-vous !

Justement, les individus les plus économes pourraient revendre leurs unités de carbone non utilisées à ceux qui voudraient en consommer au-delà de leur quota gratuit, dans le cadre d’une bourse d’échange, dont les modalités restent à définir. Il ne s’agit donc pas d’un rationnement strict, puisque le dépassement des quotas individuels reste possible (...).

A lire

2030, c'est demain ! Un programme de transformation sociale-écologique, collectif Veblen sous la direction de Mathilde Dupré, Wojtek Kalinowski, Jézabel Couppey-Soubeyran & Dominique Méda, éd. Les Petits matins, 2022.

La chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant sur le haut de la page. Histoire, économie, sciences, philosophie, histoire de l'art… Écoutez et abonnez-vous à la collection de podcasts "Le Pourquoi du comment" ; les meilleurs experts répondent à toutes les questions que vous n'osez poser.