Un euro dans les mains
Un euro dans les mains
Un euro dans les mains ©Getty - Guido Mieth
Un euro dans les mains ©Getty - Guido Mieth
Un euro dans les mains ©Getty - Guido Mieth
Publicité
Résumé

Qui a le pouvoir de battre monnaie dans le capitalisme financiarisé ? L’État, quoi qu’il arrive et quoi qu’il en coûte, ou la finance ?

En savoir plus

Le fameux "quoi qu’il en coûte" invoqué par les États pour gérer la crise sanitaire est-il la preuve qu’ils peuvent s’en procurer autant que de besoin ? Bien sûr ! répondent les partisans de la théorie monétaire moderne – disons, les partisanes, car ce sont deux femmes économistes américaines qui l’ont popularisé : Stéphanie Kelton, avec Le Mythe du déficit (éd. Les liens qui libèrent, 2021) et Pavlina Tcherneva, avec La Garantie d’emploi (éd. La Découverte, 2021). Pour elles, l’État est le souverain monétaire, car c’est lui qui désigne ce qui sert de monnaie ; la monnaie est sa chose, il a les moyens de la dépenser sans contrainte : ni le déficit public ni la dette publique ne sont un problème, selon Stéphanie Kelton ; il a les moyens aussi de garantir l’emploi en dernier ressort, d'après la thèse de Pavlina Tcherneva.

"L’État est le souverain monétaire, car c’est lui qui désigne ce qui sert de monnaie"

Cette théorie a le mérite d’insister sur le primat de la volonté politique et, à première vue, le "quoi qu’il en coûte" valide bien le message favori de Stephanie Kelton : "Ce que l’État veut, il le peut !". Mais en réalité, pendant la crise financière de 2007-2008 et plus encore, pendant la crise sanitaire, si l’État a "pu", c’est surtout parce que les marchés financiers l’ont voulu aussi, car il en allait de leur survie. A chaque moment de crise, le secteur financier n’évite l’effondrement que si les pouvoirs publics tiennent à bras le corps l’économie et la finance. Alors c’est donnant-donnant : "tu me sauves, je te finance".

Publicité

L’État ne crée pas de monnaie (au-delà des pièces qu’il frappe encore mais ne représente qu’une fraction infime de la masse monétaire). La monnaie dont il a besoin, l’Etat l’emprunte sur les marchés financiers. Pour cela, il émet un titre de dette sur le marché des bons du Trésor ou des obligations. (...)

La chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant sur le haut de la page. Histoire, économie, sciences, philosophie, histoire de l'art… Écoutez et abonnez-vous à la collection de podcasts "Le Pourquoi du comment" ; les meilleurs experts répondent à toutes les questions que vous n'osez poser.