Le phénomène de l'inflation ©Getty - Cemile Bingol
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Résumé

L'inflation est-elle véritablement un bon moyen de gérer les dettes ?

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Comment l'inflation fait-elle diminuer le poids réel de la dette ?

L’inflation est souvent présentée comme un bon moyen de gérer les dettes. Quand il y a de l’inflation, mettons par exemple en zone euro, le pouvoir d’achat de chaque euro baisse, puisque les prix de ce qu’on achète avec augmentent. Ce qui signifie aussi que chaque euro emprunté coûte, en termes réels (c’est-à-dire en baguettes de pain, en kg de carottes, etc.), moins cher à rembourser. Mécaniquement, l’inflation fait ainsi diminuer le poids réel de la dette.

En France, par exemple, au sortir de la Seconde guerre mondiale, la forte inflation aurait permis une réduction rapide de la dette publique rapportée au PIB : de 1944 à 1952, un laps de temps assez court, la dette publique est passée de 280% du PIB à moins de 35%, période durant laquelle l’inflation atteignait en moyenne 30% (Grjebine, 2021).

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La macroéconomie, "une sacrée plomberie"

Mais la macroéconomie est une sacrée plomberie et, quand on analyse l’effet d’une variable sur une autre, en l’occurrence, celui de l’inflation sur le ratio de dette publique, il convient de ne pas oublier les effets que l’inflation entraîne par ailleurs ni ceux d’autres facteurs pouvant aussi expliquer la tendance observée, ici la baisse du ratio de dette publique dans les années d’après-guerre.

Pour prolonger l’exemple précédent, pendant les trente glorieuses, c’est aussi la croissance du PIB qui faisait baisser le ratio dette / PIB. Cette croissance fut portée par les investissements privés, mais aussi publics facilités par le circuit du Trésor de l’époque. Une part significative de la dette publique était en effet directement contractée auprès de la Banque de France, jusqu’à 25% à la fin des années 1950, au-delà d’ailleurs des chiffres officiels de l’INSEE, selon les calculs réalisés par l’économiste Éric Monnet à partir de données d’archive de la Banque de France. Dans l’inconscient collectif des économistes (et pas qu’eux), cette monétisation reste pourtant beaucoup plus associée à l’inflation qu’à la croissance qu’elle a permise en finançant l’investissement public. (...)

La chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant sur le haut de la page. Histoire, économie, sciences, philosophie, histoire de l'art… Écoutez et abonnez-vous à la collection de podcasts "Le Pourquoi du comment" ; les meilleurs experts répondent à toutes les questions que vous n'osez poser.

Bibliographie

Thomas Grjebine, L’économie mondiale 2022, La Découverte, 2021.

Eric Monnet, Controlling Credit : Central Banking and the Planned Economy in Postwar France, 1948-1973, Cambridge University Press, 2018.