Les minima sociaux empêchent-ils le retour à l’emploi ?

"Cherche emploi bien rémunéré"
"Cherche emploi bien rémunéré" ©Getty - Peter Dazeley
"Cherche emploi bien rémunéré" ©Getty - Peter Dazeley
"Cherche emploi bien rémunéré" ©Getty - Peter Dazeley
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On entend des responsables politiques indiquer que les minima sociaux sont désincitatifs à l’emploi. Cela signifie que les personnes qui touchent des minima sociaux, le RSA par exemple, hésiteraient à reprendre un emploi par peur de perdre une partie de leur allocation ? Qu’en est-il exactement ?

 Le Revenu Minimum d’Insertion, créé par la loi de 1988, était une allocation différentielle : cela signifie que l’ensemble des revenus des allocataires potentiels était pris en compte au moment de la demande, pour vérifier si la personne avait droit de recevoir celle-ci, mais aussi tous les trimestres, de manière à adapter le montant versé à l’évolution de la situation. L’allocation était censée diminuer à mesure que l’allocataire reprenait un emploi ou obtenait de nouvelles ressources. 

"C’est pour éviter que cette situation ne se transforme en une "trappe à inactivité" qu’avaient été mis en place des dispositifs d’intéressement visant à diminuer cette perte"

C’est pour éviter que cette situation ne se transforme en une "trappe à inactivité", c’est-à-dire un piège dissuadant les allocataires de retrouver une activité par peur de perdre une partie trop importante de l’allocation qu’avaient été mis en place, dès la création du RMI, puis à plusieurs reprises par la suite, des dispositifs d’intéressement visant à diminuer cette perte. C’est aussi cette raison qui avait été alléguée pour remplacer le RMI par le RSA, le RSA-activité permettant aux allocataires de conserver une partie plus importante des gains obtenus lors de la reprise du travail. L’idée était donc d’inciter ceux-ci à la reprise de l’emploi comme s’ils se complaisaient dans cette situation et y restaient de manière volontaire.

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Plusieurs études ont mis en évidence le caractère peu réaliste de cette représentation, dont l'économiste, Céline Marc. En 2008, à partir d’un échantillon représentatif d’allocataires de l’API, de l’ASS et du RMI, elle avait présenté un ensemble de résultats significatifs qui restent d’actualité. (…)

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