Billet de 100 euros
Billet de 100 euros ©Getty - Peter Dazeley
Billet de 100 euros ©Getty - Peter Dazeley
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Pourquoi accepte-t-on ces bouts de papiers pour de telles valeurs ?

La monnaie fiduciaire émise par les banques centrales, à savoir les pièces et les billets qu’utilisent les agents non financiers, n’est adossée à aucun métal précieux. Elle a pourtant une valeur d’échange très supérieure à sa valeur intrinsèque et à son coût de production. Un simple bout de papier, certes estampillé du sceau de l’émetteur, peut ainsi permettre d’acheter 50 ou 100 euros de marchandises. Pourquoi accepte-t-on ces bouts de papiers pour de telles valeurs ? L’acceptabilité d’une monnaie fiduciaire repose sur la croyance des membres de la société dans la perpétuation de cette même société.

L’acceptabilité d’une monnaie fiduciaire repose sur la croyance des membres de la société dans la perpétuation de cette même société

La monnaie fiduciaire qui est la dette de la banque centrale est donc une créance sur la communauté de paiements dans son ensemble, c’est-à-dire sur un collectif. La meilleure expression de cette idée se retrouve dans l’œuvre du philosophe,  Georg Simmel, plus précisément dans Philosophie de l’argent publié en 1900. Simmel est en effet l’un des auteurs ayant le mieux décrit la logique du sceau propre à la monnaie fiduciaire. Ainsi, La monnaie est présentée chez G. Simmel comme "une assignation sur la société", "une lettre de change sur laquelle le nom de l’intéressé n’est pas porté ou sur laquelle le sceau de l’émetteur tient lieu d’acceptation". Cela signifie que le paiement en monnaie n’est pas une simple relation inter-individuelle. C’est une relation ternaire en ce sens qu’il met l’individu en relation avec l’ensemble du corps social et non simplement avec son coéchangiste. Cette référence à une tierce partie, supra-individuelle, souvent implicite devient explicite sur certains billets comme par exemple le dollar avec la fameuse expression "In God we trust" (en Dieu nous croyons) ou sur la Livre Sterling avec la figure de la Reine. (...)

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