Croissance économique : un petit coup de pouce
Croissance économique : un petit coup de pouce ©Getty - Crédits : Klaus Vedfelt
Croissance économique : un petit coup de pouce ©Getty - Crédits : Klaus Vedfelt
Croissance économique : un petit coup de pouce ©Getty - Crédits : Klaus Vedfelt
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Aujourd’hui la nostalgie bat son plein. Nous regrettons les "Trente Glorieuses", cette époque où les conditions de vie se sont considérablement améliorées sous l’effet de l’augmentation de la croissance économique. Et si cette époque merveilleuse avait aussi été celle où nos ennuis ont commencé ?

  En 1979, l’économiste français Jean Fourastié publie Les Trente Glorieuses. L’ouvrage s’ouvre sur la description de deux villages, Madère et Cessac. Madère est "sous-développé", écrit Fourastié, alors qu’à Cessac éclatent les traits majeurs du "développement économique". A Madère, la plus grande partie de la population active est agricole, l’engrais chimique est très peu utilisé, l’alimentation forme les trois quarts de la consommation totale et est pour moitié composée de pain et de pommes de terre, on ne mange de viande – médiocre -, qu’une fois par semaine, le beurre est inconnu, et pour acheter un kilo de pain, le travailleur moyen doit travailler 24 minutes. A Cessac, le niveau de vie moyen est quatre à cinq fois plus élevé, les agriculteurs sont minoritaires, le groupe dominant est tertiaire, la productivité du travail agricole est douze fois plus élevée qu’à Madère, on utilise des machines puissantes, presque tous les ménages ont le "confort moderne", la rue du village est presqu’aussi frénétique que celle d’une grande ville, et le travailleur doit travailler 10 minutes pour acheter son kilo de pain. 

L'économiste Fourastié dévoile le pot aux roses : ces deux villages n’en font qu’un, Douelle. Madère, c’est Douelle en 1946, Cessac, Douelle en 1975. 

"Ne doit-on pas dire glorieuses les trente années qui séparent Madère de Cessac et ont fait passer la France de la pauvreté millénaire, de la vie végétative traditionnelle aux niveaux de vie et aux genres de vie contemporains ?"  interroge alors Fourastié. La réponse ne peut être que positive. Car la croissance a pour effet principal d’augmenter le niveau de vie, c’est-à-dire la capacité moyenne de consommation des habitants du pays. Elle entraîne aussi nombre d’autres changements : augmentation de l’espérance de vie, diminution de la durée du travail, modifications de la structure de la population active et du travail… A quoi tient ce miracle : à la productivité. « La productivité augmente par l’effet de procédures techniques plus efficaces, écrit Fourastié  (…) 

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Le progrès global d’efficacité qui résulte de ces facteurs s’appelle progrès technique (…) sa cause fondamentale est le progrès des sciences expérimentales qui accroît sans cesse les pouvoirs de l’homme sur la nature ». Une phrase qui résonne de manière particulièrement forte aujourd’hui, alors que nous voyons chaque jour s’aggraver l’état des écosystèmes (...)

Cette chronique est à écouter dans son intégralité dès mardi à 14h55 en cliquant ICI, et sur l'antenne de France-Culture ou sur l'application Radio-France

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