Le système d’enseignement supérieur français est-il juste et efficace ?

Révisions d'un étudiant chercheur dans une bibliothèque universitaire
Révisions d'un étudiant chercheur dans une bibliothèque universitaire ©Getty - Thomas Barwick
Révisions d'un étudiant chercheur dans une bibliothèque universitaire ©Getty - Thomas Barwick
Révisions d'un étudiant chercheur dans une bibliothèque universitaire ©Getty - Thomas Barwick
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Autrefois réservé à une élite, l’enseignement supérieur français s’est profondément démocratisé : donne-t-il pour autant les mêmes chances à chacun ?

Il y avait 310 000 étudiants en 1960 ; il y en a 2,8 millions en 2022. Alors que près de 32 % des personnes âgées de 55 à 64 ans ne sont pas ou peu diplômées, elles ne sont plus que 13 % parmi les 25-34 ans. La part des bacheliers est passée de 37 % parmi les plus âgés à 69 % parmi les plus jeunes. Il s’agit d’un changement massif dont les études montrent qu’il a des effets significatifs à la fois individuels (le revenu augmente avec les années d’études) mais également collectifs (plus d’innovation, de salaires et de recettes fiscales…). Les rédactrices d’une note récente du Conseil d’analyse économique consacrée à cette question considèrent ainsi que du point de vue de l’efficacité de la dépense publique, l’investissement dans l’enseignement supérieur fait partie des meilleurs choix possibles.

La France consacre moins de moyens à l’enseignement supérieur que ses voisins, notamment les pays nordiques

Pourtant, le système français n’est optimal ni en matière d’efficacité, ni en matière de justice. La France consacre moins de moyens à l’enseignement supérieur que ses voisins, notamment les pays nordiques. Pire, depuis 2010, le niveau de dépense par étudiant baisse. La moyenne cache de surcroît de fortes disparités : si la dépense moyenne par étudiant s’élevait à 11 530 euros en 2019, il s’agissait de 10 110 euros à l’université, 14 270 euros pour les sections de techniciens supérieurs et 15 710 euros pour les classes préparatoires aux grandes écoles. Les disparités entre filières sont encore beaucoup plus importantes : les auteures signalent un coût de 11 000 euros pour une licence en langues étrangères, plus de 31 000 euros pour un master en informatique et près de 60 000 euros pour un diplôme d’ingénieur, des différences qui s’expliquent principalement par le taux d’encadrement et le volume d’heures.

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La France apparaît par ailleurs comme un pays aussi inégalitaire que les Etats-Unis. D’abord, l’accès à l’enseignement supérieur est près de trois fois plus fréquent chez les jeunes de milieu aisé que pour ceux de milieu modeste. (...)

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