L'intérêt à la loupe ©Getty - Matthias Kulka
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Résumé

Les taux d’intérêt sont devenus si bas ces dernières années que, pour certains emprunteurs - les États et les banques - ils sont même négatifs. Par quel miracle, les investisseurs financiers acceptent-ils de détenir des titres qui coûtent au lieu de rapporter ? Seraient-ils tombés sur la tête ?

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   Les taux d’intérêt sont devenus si bas de nos jours que pour certains emprunteurs, ils sont même négatifs. Par quel miracle, les investisseurs financiers acceptent-ils de détenir des titres qui coûtent au lieu de rapporter ? Seraient-ils tombés sur la tête ou devenus philanthropes ? Certainement pas. Pour les financiers, l’argent se vend et s’achète à un prix que l’on appelle le taux d’intérêt. Les économistes justifient théoriquement l’intérêt payé par celui qui emprunte en expliquant qu’il vient compenser un renoncement de la part de celui qui prête. Un renoncement à une consommation immédiate, que le prêteur accepte de reporter dans le futur, dans la vision classique du taux d’intérêt. Un renoncement à la liquidité qu’offre la disponibilité d’une somme d’argent, c’est-à-dire à la capacité d’en disposer à tout moment, dans la vision keynésienne. 

Ces dernières années ont eu de quoi en déboussoler plus d’un, car les taux d’intérêt ont continument baissé jusqu’à parfois devenir négatifs 

Les financiers seraient-ils tombés sur la tête ou devenus philanthropes ? Car prêter 100 à taux négatif, c’est accepter de récupérer au final moins que 100, ce qui revient à abandonner un peu de l’argent prêté, à en donner, par conséquent. Il faut préciser que cela ne concerne pas tous les emprunteurs. Si, en l’occurrence, vous allez solliciter votre banque pour un crédit, vous lui paierez un taux d’intérêt positif, même si - qu’il s’agisse d’un prêt étudiant, d’un crédit immobilier et ou d’un crédit plus onéreux à la consommation - il vous en coûtera certes beaucoup moins cher qu’il y a une quinzaine d’années.

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Ce sont essentiellement les emprunteurs souverains, c’est-à-dire les États, qui depuis quelques années peuvent emprunter à taux négatif sur les marchés

Par exemple, l’Allemagne, la France, ou encore l’Italie ou la Grèce empruntent à des taux faiblement négatifs et proches de zéro. Les États en ont-ils profité pour lancer des grands plans d’investissement d’avenir ? Pas vraiment. Et les banques en ont-elles profité pour financer la transformation écologique de nos sociétés ? Pas davantage. (...)

Cette chronique est à écouter dans son intégralité dès mardi à 14h55 en cliquant ICI, et sur l'antenne de France-Culture ou sur l'application Radio-France

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