Un porte-monnaie bien rempli
Un porte-monnaie bien rempli ©Getty - Kinga Krzeminska
Un porte-monnaie bien rempli ©Getty - Kinga Krzeminska
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" C’est quand on se croit le plus en sécurité qu’on est le plus en danger "

Peut-être connaissez-vous la série animée " L’attaque des titans " ? Dans l’épisode 1 de la saison 1, Eren Jäger dit : « … c’est quand on se croit le plus en sécurité qu’on est le plus en danger ». C’est exactement ce qu’expliquait Hyman Minsky dans les années 1970-1980 à propos des prémices des crises financières. Son « paradoxe de la tranquillité » énonçait le fait que c’est quand tout va bien économiquement que les agents prennent le plus de risques financiers, en s’endettant, au-delà de ce qu’ils peuvent supporter.

À chaque fois, le boom euphorise les agents qui anticipent des profits et demandent du crédit

À l’origine de chaque crise financière, il y a toujours cette première phase d’horizon dégagé, d’embellie portée par un « boom », une invention, une découverte, une nouvelle organisation dans le travail ou autre : par exemple, en amont de la crise financière de 1929, dans les années 1920 aux États-Unis, l’application des méthodes d’organisation scientifique du travail à l’industrie automobile naissante avait fait décoller l’économie et tout le monde voulait investir là où apparaissaient des opportunités de profits. En amont du krach de 1987, c’est l’informatisation et son extension au secteur financier, aux Bourses notamment, qui avaient ouvert de nouvelles perspectives. Avant le krach de 2000, ce fut le développement d’Internet, avant la crise de 2007-2008, les supercalculateurs, etc.

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À chaque fois, le boom euphorise les agents : ils anticipent des profits et demandent du crédit. Et plus les investisseurs se sentent en confiance - c’est bien ce sentiment que leur inspire un contexte macroéconomique tranquille - plus ils adoptent un comportement de financement risqué.

Trois attitudes en matières de financement : prudente, risquée ou " Ponzi "

Hyman Minsky distinguera trois attitudes en matière de financement :  l’attitude « prudente », celle de ceux qui optent pour un financement « couvert », en faisant en sorte que les revenus attendus de leur investissement couvrent la charge de l’emprunt et l’ensemble des besoins de trésorerie à chaque période ; l’attitude « risquée », celle de ceux qui adoptent un financement « spéculatif » d’investissement. Dans ce cas, les flux de revenus attendus permettront juste de rembourser les intérêts de la dette, mais ne couvriront le principal de la dette que longtemps après ; l’attitude « Ponzi », enfin, du nom d’un escroc américain d’origine italienne dans les années 1920, qui caractérise ceux qui parient sur des projets d’investissement dont le rendement attendu peut être élevé, mais à une date éloignée, et qui, entre-temps, n’engendrent pas de quoi couvrir les intérêts de l’emprunt (...)

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