Economie de la fonctionnalité : le pot réutilisable
Economie de la fonctionnalité : le pot réutilisable
Economie de la fonctionnalité : le pot réutilisable ©Getty - Oscar Wong
Economie de la fonctionnalité : le pot réutilisable ©Getty - Oscar Wong
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Résumé

L’économie de la fonctionnalité ; un modèle économique possiblement vertueux et à l’opposé de la société du tout jetable ?

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L’économie de la fonctionnalité développe un modèle d’entreprise qui commercialiserait moins de biens, mais qui vendrait plutôt l’usage temporaire d’un bien. Par exemple, lorsqu’on achète un appartement ou une voiture, il s’agit de l’achat d’un bien, et il y a un transfert de propriété entre celui qui vend et celui qui l’achète. Acheter un usage temporaire d’un bien, consiste simplement à le louer, à en avoir l’usage pour une durée définie. En louant un appartement, ou une voiture, la propriété du bien ne change pas de mains : l’acheteur acquiert un droit d’utilisation, un droit d’usage temporaire sur le bien. L’accès à une plateforme en streaming (pour des films ou l’accès à la musique) sera considéré comme de l’accès temporaire à son usage, tandis que la production et l’achat de DVD ou de disques feront partie de l’économie classique.

"L’exemple paradigmatique souvent fourni dans la littérature concerne l’entreprise Michelin qui, depuis le milieu des années 2010 loue ses pneus plutôt que de les vendre"

Les promoteurs du modèle de l’économie de la fonctionnalité insistent sur le fait que pour qu’il soit soutenable, ce modèle doit être accompagné de garanties de service - par exemple, s’assurer que le bien loué soit accessible, de qualité, durable, etc.. L’exemple paradigmatique souvent fourni dans la littérature concerne l’entreprise Michelin qui, depuis le milieu des années 2010 loue ses pneus plutôt que de les vendre, ce qui conduit l’entreprise à proposer des produits plus durables, et à assurer davantage de maintenance sur les pneus mis à disposition.

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L’économie de la fonctionnalité est parfois présentée comme l’opposé de la société du tout jetable (le stylo, le rasoir, et plus largement, l’obsolescence programmée) qui obligeait à renouveler fréquemment les achats. Elle est au contraire présentée comme un modèle économique possiblement vertueux d’un point de vue écologique, parce qu’il exigerait de la part du producteur de concevoir des biens plus durables pour en intensifier l’usage : un propriétaire d’un parc de location de voitures a sans doute un intérêt économique à ce que ses voitures soient durables pour louer plus longtemps leur usage. Cette vertu affichée est telle que le Grenelle 1 de l’environnement en a fait l’un de ses modèles phare en mettant en avant les deux dimensions de cette économie de la fonctionnalité : valeur d’usage d’un bien et effets écologiques vertueux grâce à la réduction de consommations de matière. Mais est-ce un modèle innovant ? (…)

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