Au nom de la solidarité
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Au nom de la solidarité ©Getty - Sarah Mason
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Résumé

Historiquement issue de traditions disparates, l’économie sociale connaît son apogée à la fin du 19ème siècle et fera son retour dans les années 1970.

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Pendant longtemps, a été qualifiée de "sociale" l’économie réalisée par les acteurs de la protection sociale mutualiste et des associations : les mutuelles de santé, les assurances sociales, les associations aux personnes les plus démunies etc. Tout cela était considéré comme de "l’économie" - parce qu’il y a des transactions monétaires, et parce que les associations emploient parfois beaucoup de salariés - et comme de "l’économie sociale", parce que cette économie est au service d’un projet social.

L'économie sociale a fait son retour dans les années 1970 à la faveur de la crise des modèles capitaliste et soviétique

Historiquement l’économie sociale est issue de traditions assez disparates, à la fois celle du mouvement coopératif, mutualiste ou associationiste ; celle de mouvements ouvriéristes, socialistes, solidaristes (autour de Charles Gide) ; ou encore celle de la charité chrétienne. Elle a connu son apogée à la fin du 19ème siècle. Et elle a fait son retour dans les années 1970 à la faveur de la crise des modèles et capitaliste et soviétique. Ce retour a bénéficié de la création d’instances de coordination entre ces différents courants historiques, et de la proposition d’Henri Desroches de remobiliser ce concept fédérateur.

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C’est aussi autour des années 1970 qu’émergent des initiatives alternatives, autogestionnaires, solidaires… qui se retrouveront dans le concept "d’économie solidaire" formalisée, en France, par les travaux de Bernard Eme et Jean-Louis Laville. Pour ces sociologues, l’économie solidaire désigne une économie qui promeut des rapports sociaux de solidarité. Ces rapports sociaux ont deux caractéristiques majeures : ils relèvent d’une production conjointe de services : par exemple, souvent les familles ayant un enfant à handicap sont à l’origine de la construction d’associations de services d’accompagnement de ces enfants. Ils relèvent aussi de l’hybridation des économies : en effet, les associations créées recourent non seulement aux subventions de l’État ou des collectivités (ce sont des ressources non marchandes), mais aussi au bénévolat, ou encore à des prestations marchandes pour déployer un modèle économique viable. Dans la vision de l’économie solidaire, c’est moins le statut de l’entreprise qui compte (association, mutuelle ou coopérative) que le projet politique solidaire de l’organisation. (...)

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