Une enfant de cinq ans heureuse de vivre, dans un champ de pâquerettes
Une enfant de cinq ans heureuse de vivre, dans un champ de pâquerettes
Une enfant de cinq ans heureuse de vivre, dans un champ de pâquerettes ©Getty - Catherine Delahaye
Une enfant de cinq ans heureuse de vivre, dans un champ de pâquerettes ©Getty - Catherine Delahaye
Une enfant de cinq ans heureuse de vivre, dans un champ de pâquerettes ©Getty - Catherine Delahaye
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Résumé

En général, que diriez-vous de votre vie, sur une échelle de 0 à 10, de la pire à la meilleure possible ?

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Cette juxtaposition de deux mots assez antinomiques, "économie" et "bonheur" est sérieuse dans le champ académique. Il s’agit, pour les scientifiques qui s’en réclament, de se pencher sur la mesure "de la satisfaction de vie de chaque individu", et d’expliquer ensuite pourquoi le niveau de cette satisfaction peut être différent, d’un individu à un autre, d’un pays à un autre. Les satisfactions de vie individuelles sont ensuite additionnées et moyennisées, pour obtenir le niveau de bonheur d’une communauté, ou d’une nation. L’économie du bonheur est donc d’abord une mesure de la satisfaction de vie de chacun.

Plus les individus sont riches économiquement, et plus ils sont satisfaits de leur vie

L’économie du bonheur (Happiness Economics) a commencé à collecter des mesures de satisfaction individuelle dès le début des années 1970. C’est l’économiste, Richard Easterlin qui l’a médiatisée par le biais de son célèbre paradoxe. Easterlin montre en effet que même lorsque la richesse économique d’un pays s’accroît, le bonheur moyen reste plutôt stable, en tendance, sur longue période. Autrement dit, l’économiste suggère qu’il n’y aurait pas de corrélation, dans le temps, entre croissance de la richesse économique et croissance de la satisfaction de vie déclarée. En revanche à un instant du temps, dans un pays donné, Easterlin montre que plus les individus sont riches économiquement, et plus ils sont satisfaits de leur vie.

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Ce paradoxe est parfois expliqué par le fait que les individus s’adapteraient toujours à leur nouvel état de richesse économique, quel qu’en soit le niveau, car ils seraient insatiables et influencé par les autres, dans leurs désirs de consommation. Notons en passant, que l’illustre socio-économiste, Thorstein Veblen, avait dans son ouvrage de 1899, La théorie de la classe de loisir a déjà largement énoncé et discuté l’idée d’un capitalisme conduisant à ce que les individus, en particulier déjà riches, réclament toujours plus.

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Mais comment, dans ces travaux, et concrètement, mesure-t-on le niveau de bonheur de la France ?

Pour rendre ces mesures de bonheur déclaré possibles, il a fallu que se déploient massivement des instituts de sondage, qui font leur apparition dès les années 1930, et que ces instituts développent une branche d’activité autour de ces mesures de bonheur déclaré. Ensuite, la branche la plus connue de l’économie du bonheur s’appuie sur la question simple suivante : "En général, que diriez-vous de votre vie, sur une échelle de 0 à 10, de la pire à la meilleure possible ?" (...)

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