New-York, 11 septembre 2001, après l'effondrement de la première des deux tours du World Trade Center. Près de 3000 morts, 6000 blessés ©AFP - HENNY RAY ABRAM
New-York, 11 septembre 2001, après l'effondrement de la première des deux tours du World Trade Center. Près de 3000 morts, 6000 blessés ©AFP - HENNY RAY ABRAM
New-York, 11 septembre 2001, après l'effondrement de la première des deux tours du World Trade Center. Près de 3000 morts, 6000 blessés ©AFP - HENNY RAY ABRAM
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Résumé

Quel est le prix d'une vie ? Cette valeur diffère-t-elle d’une personne à l’autre ?

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C’est la question qui traverse l’ouvrage publié en 2006, par Kenneth Feinberg et porté à l’écran en 2021, dans le film, A quel prix ? L’avocat y décrit comment il a tenté de convaincre les victimes des attentats du World Trade Center, du 11 septembre 2001, d’accepter les aides financières d’un fonds de compensation mis en place dès le lendemain des attentats.

Selon l’historien, Spencer Banzhaf de l’Université américaine de Georgia, l’idée même qu’un État confère une valeur économique à la vie trouve son origine dès la fin des années 1940. La US Air Force , avait invité le cabinet de conseil de l’armée américaine (la RAND Corporation) à introduire la valeur des vies dans le cadre de travaux qu’il menait sur l’optimisation des décisions militaires (S. Banzhaf, 2014). En 1949, juste après que les Russes ont testé la bombe atomique, la US Air Force commande donc à la RAND Corporation , un cadre d’analyse qui permettrait d’étudier l’impact des bombes sur l’ennemi. Il s’agissait de définir une combinaison optimale de bombes et de bombardiers, à partir d’une analyse de ce que coûte de lâcher des bombes, et du bénéfice militaire procuré en termes de maximisation des dégâts, le tout pour un budget militaire fixé.

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"La RAND avait, dans ses premières estimations, omis d’affecter une valeur à la vie des pilotes"

Les premières estimations optimisatrices de la RAND étaient considérées comme arrogantes, car elles proposaient, ni plus ni moins, sur équation, la stratégie militaire à adopter. Les premières propositions ont d’ailleurs été fortement contestées par la US Air Force elle-même sur plusieurs points, mais notamment sur le fait que la RAND avait, dans ses premières estimations, omis d’affecter une valeur à la vie des pilotes. Des économistes ont enrichi ces premiers travaux en proposant une évaluation de la vie des pilotes, sur la base du coût de devoir former et remplacer ceux qui seraient morts au combat (S. Banzhaf, 2014).

En 1968, l’économiste, Thomas Schelling, approfondit cette idée de valeur de la vie, dans un cadre civil cette fois. Il introduit l’idée de "valeur statistique d’une vie humaine" dans un livre intitulé The Life You Save May Be Your Own (...).

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