Femme sous la vague (de repassage) ©Getty - Ryan McVay
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Résumé

Quand les activités domestiques comptent pour beurre dans les statistiques

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La féministe et députée néozélandaise, Marilyn Waring, s’étonnait dès les années 1980 de ce que les activités domestiques comptent pour zéro dans le PIB et dans les comptes de la richesse. L’argument mis en avant par les comptables nationaux pour justifier ce choix est que ces activités ne donnent lieu à aucun versement d’un salaire. Pourtant, s’étonnait Waring, ces activités, souvent relevant du soin, du care, et réalisées largement par les femmes, sont un ingrédient essentiel pour faire tenir les sociétés. Ces réflexions l’amenaient à poser la question : Who’s counting ? " Qui compte ? "

L’intérêt de cette question est sa double signification, puisqu’elle peut désigner à la fois "qu’est-ce qui est digne d’être compté ? " mais aussi "qui décide de ce qui compte ? " Cette double signification est aussi une invitation, assez traditionnelle en sciences sociales, mais souvent perdue de vue par les économistes, à coupler l’analyse des idées, en particulier la question qui traverse l’économie politique depuis plus de deux siècles : qu’est ce qui a de la valeur ? à celle des institutions évaluatives, c’est-à-dire qui est aux manettes des comptes ?

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A de la valeur ce qui est productif

Jusqu’aux années 1980, l’énoncé de ce qui a de la valeur était contenu dans les systèmes des comptes nationaux : a de la valeur ce qui est productif, et sont productives, les activités échangeables sur le marché. C’est aujourd’hui, peu ou prou, la définition du PIB, bien que depuis 1976, les services non marchands aient été ajoutés, ce qui a consisté à un premier coup de canif dans cette doxa. Le début des années 1990 a égratigné cette vision jusque-là largement partagée, en particulier du fait des urgences climatiques et écologiques.

De nombreuses initiatives se sont alors multipliées pour évaluer autrement les richesses qui comptent ou qui devraient compter. Mais à la question : Qui décide ce qui sera considéré comme les richesses d’une société ? la réponse n’est pas pas univoque (…)

L'intégralité de la chronique est à écouter en cliquant dans le haut de la page.

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