Voitures en ligne de production en usine -
Voitures en ligne de production en usine -
Voitures en ligne de production en usine - ©Getty - Alvarez
Voitures en ligne de production en usine - ©Getty - Alvarez
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Résumé

Avec la crise sanitaire, et plus encore, la crise ukrainienne, la France a pris conscience de sa dépendance vis-à-vis des pays étrangers.

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A l’occasion de la crise sanitaire, mais plus récemment encore, de la crise ukrainienne, la France a pris conscience de son extrême dépendance vis-à-vis des pays étrangers, s’agissant d’un très grand nombre de produits - pas seulement de masques ou de gel hydroalcoolique, mais plus généralement des vêtements, de l’équipement ménager, de l’automobile, du matériel médical, des médicaments ; et de toute une série de biens et services dont la production a été délocalisée en raison du bas coût de la main d’œuvre, de normes environnementales plus souples, du faible coût du transport et de l’accès plus facile aux marchés étrangers.

"La France aurait pu faire le choix, comme l'Allemagne, d'une montée en gamme de ses produits, mais elle a plutôt opté pour une délocalisation des sites de production"

Des essais documentés ont d’ailleurs été publiés, aux Etats-Unis et en France, pour montrer combien il était difficile de se passer des produits fabriqués en Chine ou de consommer des produits français (ce qui signifie qu’entre la conception, la fabrication et l'assemblage, le produit a gagné plus de 50 % de sa valeur en France). Selon un rapport publié en 2020 par France Stratégie, la France est devenue, avec le Royaume-Uni, l'économie la plus désindustrialisée du G7. Depuis 1980, l'industrie française a perdu la moitié de ses effectifs et ne représente plus aujourd'hui que 10,3% du total des emplois. La part de l'industrie dans le PIB s'établissait à 13,4% en 2018, contre 25,5% en Allemagne, 19,7% en Italie ou 16,1% en Espagne. Le rapport explique que la France aurait pu faire le choix, comme l'Allemagne, d'une montée en gamme de ses produits, mais qu’elle a plutôt opté pour une délocalisation des sites de production.

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Peut-on relocaliser une partie de cette production ? Les économistes attirent l’attention sur la complexité des chaines de valeur mondiales. Dans l’article qu’il signe dans l’ouvrage, La société qui vient, coordonné par Didier Fassin, El Mouhoub Mouhoud qualifie la troisième phase de la mondialisation commencée en 2010 de post-mondialisation. Au lieu de rapatrier leur production, explique-t-il, les entreprises cherchent plutôt à sécuriser leurs approvisionnements en faisant en sorte que les différents maillons de la chaîne de valeur soient maîtrisés. Si certaines entreprises relocalisent leur production, notamment lorsque la robotisation des chaînes d’assemblage est possible, il existe un risque de voir se développer une nouvelle étape de délocalisations, facilitée par le développement du numérique, celle des services (...).

La chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant sur le haut de la page. Histoire, économie, sciences, philosophie, histoire de l'art… Écoutez et abonnez-vous à la collection de podcasts "Le Pourquoi du comment" ; les meilleurs experts répondent à toutes les questions que vous n'osez poser.

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