SAVE THE PLANET. Enfants munis de posters pour protester contre la pollution de la planète
SAVE THE PLANET. Enfants munis de posters pour protester contre la pollution de la planète
SAVE THE PLANET. Enfants munis de posters pour protester contre la pollution de la planète ©Getty - Iuliia Bondar
SAVE THE PLANET. Enfants munis de posters pour protester contre la pollution de la planète ©Getty - Iuliia Bondar
SAVE THE PLANET. Enfants munis de posters pour protester contre la pollution de la planète ©Getty - Iuliia Bondar
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Résumé

Urgence d'ici 2030 : il faut massivement investir dans la transition écologique. Le GIEC a-t-il raison de dire que les capitaux ne manquent pas et qu'ils sont juste mal orientés ?

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Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a rendu public son sixième rapport le 4 avril 2022, consacré cette fois aux solutions permettant de limiter le réchauffement climatique. Cet énorme rapport de 2913 pages qui synthétise 18 000 papiers scientifiques par 278 autrices et auteurs (avec d’ailleurs, de plus en plus de femmes) délivre un message clair : pour limiter le réchauffement à 1,5° à la fin du siècle, il va falloir réduire les émissions de 30% d’ici 2030 et atteindre un pic d’émissions avant 2025. Trois ans donc, pour inverser la tendance, avec des réductions rapides, profondes et, dans la plupart des cas, immédiates des émissions de GES dans tous les secteurs. Sans cela, le réchauffement se situera entre + 3,3° et + 5,1° et ses conséquences, examinées dans un précédent rapport, compromettront grandement l’habitabilité de la planète.

"Les capitaux ne manquent pas. Ils sont juste mal alloués, mal orientés"

Sur le volet financier, le GIEC pointe une insuffisance : les niveaux actuels d’investissement dans tous les secteurs et toutes les régions sont trois à six fois inférieurs à ce qu’il faudrait entre 2020 et 2030, pour limiter le réchauffement à +1,5° ou même +2°. Cependant, d’après le groupe d’experts, les capitaux ne manquent pas. Ils sont juste mal alloués, mal orientés.

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Le GIEC a raison de pointer ce problème d’orientation des flux financiers. Banques et marchés financiers continuent de financer le fossile, le carboné, le polluant et ne sont pas alignés sur les objectifs de neutralité climatique. C’est que les engagements pris par la plupart des établissements financiers (banques et assureurs notamment) ne sont pas contraignants, donc leur bilan verdit un peu mais sans véritablement "débrunir". Le GIEC souligne à raison aussi le rôle des politiques publiques car cette réorientation ne sera pas spontanée. On notera que même avec la liquidité surabondante de la dernière décennie et les taux extrêmement bas, elle n’a pas eu lieu. La mobilisation des autorités monétaires et financières est une nécessité absolue. La réorientation des flux financiers n’aura lieu que si la politique monétaire et la régulation financière verdissent résolument. Mais le GIEC élude une question clé : tous les investissements nécessaires à la transition écologique seront-ils réalisables avec des capitaux privés et des financements de marché ?"

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