Desserrer l’influence des lobbys sur les décisions publiques est non seulement une question économique mais également une question démocratique majeure
Desserrer l’influence des lobbys sur les décisions publiques est non seulement une question économique mais également une question démocratique majeure ©Getty
Desserrer l’influence des lobbys sur les décisions publiques est non seulement une question économique mais également une question démocratique majeure ©Getty
Desserrer l’influence des lobbys sur les décisions publiques est non seulement une question économique mais également une question démocratique majeure ©Getty
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Réglementations environnementales, sanitaires, bancaires, autorisations de mise ou de maintien sur le marché, normes techniques, fiscalité, … les lobbys pèsent systématiquement sur la décision publique.

Le concept de capture désigne les différents canaux par lesquels l’industrie influence le régulateur et les décideurs publics dans un sens favorisant son intérêt – sous-entendu au détriment de l’intérêt général. 

L’influence des lobbys au cœur même des rouages des États ou des institutions en amont de la fabrique des lois, est d’autant plus efficace qu’elle reste sous les radars. Mais ces jeux d’influence font régulièrement l’objet de scandales relatés par la presse qui les rendent visibles et qui délégitiment le travail du législateur ou du régulateur soupçonné de favoriser les intérêts privés au détriment de l’intérêt général.

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Une pratique des "portes tournantes" délétère pour la démocratie

Certaines pratiques sont bien identifiées comme les opportunités de carrière très rémunératrices offertes aux hauts fonctionnaires, aux membres de cabinets ministériels ou à d’anciens hommes politiques par l’industrie. Ce qui est alors "acheté" n’est pas l’expertise, c’est l’entregent, le carnet d’adresse du transfuge, sa capacité à court-circuiter les strates hiérarchiques et à établir un contact direct avec les décideurs publics. 

Cette porosité entre haute fonction publique et le secteur privé va dans les deux sens, c’est d’ailleurs ce qui fait la puissance de ce mécanisme de capture. On parle de "portes tournantes". À la recherche d’expertise sur des sujets complexes, régulateurs et législateurs recrutent, en effet, largement dans les secteurs qu’ils régulent et supervisent. Cette endogamie entre régulateurs et régulés favorise une conception de l’économie partagée entre ces deux mondes. L’intérêt de l’industrie étant même parfois assimilé à l’intérêt national. Elle nourrit la suspicion d’atteinte à l’impartialité et à la loyauté vis à vis de l’intérêt général.

Les autres canaux du lobbying

L’influence des lobbys peut être plus discrète en passant par divers canaux échappant au regard citoyen comme des amendements et projets de lois clef en main portés ensuite par des parlementaires. Cela passe aussi par le noyautage par l’industrie des Comités d’experts techniques dont l’influence est très forte même si peu visible dans la fabrique de la loi. ONG, associations de consommateurs, syndicats ou simplement universitaires qui pourraient porter les intérêts du reste de la société restent très peu représentés dans ces Comités d’experts. (…) 

Cette chronique est à écouter dans son intégralité dès vendredi à 14h55 en cliquant ICI, et sur l'antenne de France-Culture ou sur l'application Radio-France

Grand reportage
55 min

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