Séminaire entre chefs d'équipe dans une entreprise moderne
Séminaire entre chefs d'équipe dans une entreprise moderne ©Getty - Tom Werner
Séminaire entre chefs d'équipe dans une entreprise moderne ©Getty - Tom Werner
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L’entreprise appartient-elle à ses actionnaires ou comprend-elle deux parties constituantes, les investisseurs en travail et les apporteurs de capitaux ?

  Le 9 mars 1840, lors des débats préparatoires à la loi de 1841 sur le travail des enfants, le chimiste et physicien Louis-Joseph Gay-Lussac, opposé à celle-ci, justifiait ainsi sa position : "L’établissement est un sanctuaire qui doit être aussi sacré que la maison paternelle et qui ne peut être violé que dans des circonstances extraordinaires". La suite du XIXe siècle verra se développer de nombreuses revendications exigeant l’émancipation des travailleurs, l’abolition du salariat, la participation des ouvriers aux bénéfices et à la gestion des entreprises, le développement des coopératives. 

Joseph Proudhon et Louis Blanc rivalisent pour dessiner les contours de la propriété et de la gestion collective des entreprises

En 1893, Jean Jaurès souligne le scandale que représente l’absence de démocratie dans celles-ci : "au moment où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage". Les salariés acquièrent des droits, mais ne participent pas au gouvernement de l’entreprise. Bien que le préambule de la Constitution de la Quatrième République, en 1946, précise que "tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la gestion des entreprises", les projets de réforme de celle-ci vont rester lettre morte. Les rapports Bloch-Lainé de 1963 et Sudreau de 1975, qui proposaient de profonds changements, ne parviendront pas plus à traduire dans les faits leurs souhaits de voir l’entreprise réformée. 

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En Allemagne, la loi sur la constitution de l’entreprise de 1952 a organisé la représentation des salariés au niveau de l’entreprise, et la loi de 1976, la codétermination

Dans ce pays, les comités d’entreprise sont, à la différence de la France, de pures assemblées de salariés sans représentants de l’employeur. Ils exercent leur droit de codétermination sur un grand nombre de thèmes et disposent de droits d’initiative et de veto. Les représentants des salariés participent également au Conseil de surveillance de l’entreprise, organe de conseil et de contrôle : en tant que membres du conseil de surveillance, ils exercent donc directement une influence sur les décisions fondamentales de l'entreprise et sur sa stratégie. Alors que la récente loi Pacte française a péniblement fait passer le nombre de représentants salariés d’un à deux (…) 

L'émission est à écouter dans son intégralité ici ou sur l'application Radio France.