Cours des actions ©Getty - Witthaya Prasongsin
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Résumé

En permettant aux entreprises de se constituer des fonds propres, la Bourse pourrait être un marché du financement au moyen duquel celles-ci peuvent limiter le poids de leur dette et trouver de quoi investir sereinement dans le temps long.

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La Bourse n’est aujourd’hui qu’un vaste marché de l’occasion, à court terme où les titres changent de main à toute vitesse. Des « actions » s'y échangent. Une action est un titre de propriété : pour celui qui la détient - l’actionnaire - c’est une part du capital de l’entreprise, avec un droit aux bénéfices futurs - donc un revenu aléatoire – et un droit de vote en assemblée générale, donc de regard sur les décisions de l’entreprise. 

Pour l’entreprise qui l’émet, c’est un instrument de financement, qui lui permet de constituer ou d’accroître son capital et de disposer de fonds propres, c’est-à-dire de ressources qu’elle n’a pas à rembourser.

C’est très différent d’un instrument de financement comme une obligation, qui s’échange sur le marché obligataire, qui doit être remboursé à une certaine échéance, et qui rapporte à celui qui l’achète un revenu connu à l’avance. Qui émet des actions ? En théorie, toutes les entreprises. En pratique, surtout les plus grandes. En dépit de nombreuses initiatives, en Europe ou ailleurs, la Bourse reste une cote mal taillée pour les entreprises de taille moyenne. Les PME ont surtout besoin des banques pour se financer.

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Beaucoup d’entreprises sont-elles cotées en Bourse ? La réponse est non : quelques dizaines de milliers dans le monde, quelques milliers aux Etats-Unis, et seulement quelques centaines dans chaque pays d’Europe. Hormis en Chine, cela va en diminuant. Les entreprises craignent d’y perdre le contrôle et celles qui ont besoin d’une levée de fonds importante se tournent de plus en plus vers vers des fonds de capital investissement. En somme, la Bourse est de moins en moins un « marché du neuf ». En revanche, c’est un vaste marché de l’occasion, où les titres anciennement émis sont revendus pour faire de l’argent avec de l’argent. 

À moins d’en réduire drastiquement l’emprise, par la réglementation, et d’empêcher la frénésie des marchés secondaires, par la taxation, la Bourse restera à des années-lumière de ce qu’elle devrait être : un marché de fonds propres limitant la part de l’endettement, permettant aux entreprises d’investir sereinement dans le temps long.

L'émission est à écouter dans son intégralité dès mardi à 14h55 en cliquant ICI, et sur l'antenne de France-Culture ou sur l'application Radio-France

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