Faisons preuve de "techno-discernement"
Faisons preuve de "techno-discernement" ©Getty - Josef F. Stuefer
Faisons preuve de "techno-discernement" ©Getty - Josef F. Stuefer
Faisons preuve de "techno-discernement" ©Getty - Josef F. Stuefer
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Peut-on résoudre la crise écologique avec la digitalisation de nos économies ? C’est le pari de la Commission européenne dans le cadre de son plan de relance. Les informations disponibles sur l’empreinte écologique du numérique devraient pourtant nous inviter à la prudence

La vidéo en ligne génère 60 % des flux mondiaux de données et plus de 300 millions de tonnes de CO2 par an. Cela représente 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit autant que l’Espagne selon les chiffres du think-tank The Shift Project.

Si l’empreinte écologique du numérique est désormais mieux appréhendée, elle ne fait qu’augmenter. Et l’explosion à l’occasion du confinement et de la pandémie n’a fait qu’accélérer cette tendance.

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Faut-il plus ou moins de numérique pour répondre à la crise écologique ?

Nombreux sont ceux qui voient dans la transition numérique une source de gains de productivité et un élément central dans les solutions à apporter à la crise écologique. Mais si les gains d’efficacité énergétique permis par ces innovations peuvent être significatifs, le tri doit être fait. En effet, les coûts environnementaux du numérique à l’échelle mondial, tous usages confondus, sont déjà très importants. 

Dans un rapport publié en 2019, l’organisation Green IT recense trois impacts majeurs :  le numérique est énergivore ; le numérique est fortement émetteur de gaz à effet de serre (GES) ; le numérique contribue à l’épuisement des ressources naturelles.

Il y a donc une véritable sensibilisation du public à mener sur ces sujets ainsi qu’une réflexion de fond à engager sur la sobriété des usages numériques. C’est d’ailleurs tout l’objet du débat qui se pose en filigrane de l’installation de la 5G. Selon une étude du Haut Conseil pour le climat (HCC), le déploiement de la 5G pourrait entraîner une augmentation de 18 à 45% de l’empreinte carbone du secteur numérique en France d’ici à 2030.

Plutôt que de tout miser sur la numérisation de l’économie et d’accroître au passage une compétition déjà forte pour les terres rares, l’Union européenne pourrait inviter son industrie à une transformation vers un modèle low-tech, fondé sur des innovations simples, sobres, standardisées, robustes, réparables, faciles à démonter pour être recyclées et n’utilisant qu’avec parcimonie les ressources non renouvelables. (...) 

La chronique est à écouter dans son intégralité dès mercredi à 14h55 en cliquant ICI, et sur l'antenne de France-Culture ou sur l'application Radio-France

Le Numérique est politique
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