Un employé SNCF tient une fusée lors d'un appel à la grève nationale, Paris, 5 oct 2021 ©Getty - Kiran Ridley/Getty Images
Un employé SNCF tient une fusée lors d'un appel à la grève nationale, Paris, 5 oct 2021 ©Getty - Kiran Ridley/Getty Images
Un employé SNCF tient une fusée lors d'un appel à la grève nationale, Paris, 5 oct 2021 ©Getty - Kiran Ridley/Getty Images
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Résumé

Saviez-vous que le fait de "faire la grève" est un phénomène aussi ancien que le travail lui-même ?

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Le fait de "faire la grève", c'est-à-dire cesser l'activité pour laquelle on a été embauché, est un phénomène sans doute aussi ancien que le travail lui-même. Mais jusqu’au XIXe siècle les termes désignant cette forme de mécontentement étaient variables. Le mot le plus souvent utilisé était "coalition". La loi Le Chapelier du 14 juin 1791 avait interdit les  "coalitions" au nom de la liberté du travail. En 1803, Napoléon Bonaparte accentua cette politique répressive en proscrivant "toute coalition de la part des ouvriers pour cesser en même temps de travailler, interdire le travail dans certains ateliers, empêcher de s'y rendre et d'y rester avant ou après de certaines heures, et en général pour suspendre, empêcher, enchérir les travaux".

On ne fait jamais la grève tout seul

On voir clairement ici que le mot "coalition" désignait ce qu'on appelle aujourd'hui la grève, en insistant sur une dimension fondamentale de cette pratique, à savoir qu'elle est toujours collective. On ne fait jamais la grève tout seul. Il y a donc un lien étroit entre la pratique de la grève et la mise en place d'une organisation capable d'impulser un mouvement collectif de protestation.

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Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les ouvriers abandonnèrent le mot "coalition", sans doute en raison de ses connotations répressives, au profit d'un terme qui évoquait la place de Grève, à Paris. Cette place, située sur la rive droite de la Seine, devant l'Hôtel de Ville, étant bordée d'une plage de sable, c'était l'un des principaux points d'accostage des bateaux et donc de rassemblement des hommes. Les chômeurs pouvaient s'y faire employer facilement pour les chargements et déchargements. C'était aussi un lieu chargé d'histoire car la place de Grève était le lieu des exécutions capitales et le point de convergence des émeutes révolutionnaires.  La loi interdisant les coalitions fut supprimée en 1864. A partir de ce moment-là, la grève fut dépénalisée, mais son exercice ne deviendra un droit qu’en 1946. (...)

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