A l'heure du vote
A l'heure du vote
A l'heure du vote ©Getty - Martin Bertrand / EyeEm
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Résumé

Que nous dit la montée de l'abstention depuis ces vingt dernières années ?

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Depuis une vingtaine d'années, les journalistes qui commentent les élections ne cessent de déplorer la montée de l'abstention. Certains y voient la preuve que notre démocratie est bien malade. D'autres, moins nombreux il est vrai, interprètent cette méfiance à l'égard du processus électoral comme une forme de lucidité populaire face à un système politique qui pérennise la domination sociale. C'est un peu ce qu'affirmait Coluche, à sa manière, quand il disait : "Si voter changeait quelque chose il y a longtemps que ça serait interdit."

Ce genre de critique avait déjà été énoncé en mai 68, sous une forme encore plus radicale, quand les manifestants scandaient en chœur : "élections piège à cons". Pour comprendre ce slogan, il faut rappeler le contexte de l'époque. Le général de Gaulle, qui était encore le chef de l'Etat, voulait mettre un terme à un soulèvement populaire qui fut, rappelons-le, le plus puissant mouvement de grève de toute l'histoire de France. C'est ce qui l'incita à annoncer le 30 mai 1968, qu'il allait dissoudre l'Assemblée nationale, afin d'organiser de nouvelles élections.

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De nombreux mouvements d'extrême gauche interprétèrent cet appel au suffrage populaire comme un "vol de la liberté" et une "négation de la démocratie". C'est à ce moment-là que les contestataires scandèrent ce fameux slogan : "élections piège à cons".

Le résultat de cette consultation ne fit qu'accentuer la méfiance des militants à l'égard de la démocratie représentative. Ce fut un triomphe pour les gaullistes qui recueillirent 46 % des suffrages, soit 144 députés élus dès le 1er tour et au final, une majorité de 354 sièges, dont 293 pour la seule UDR, le parti gaulliste. Cet épisode de notre histoire politique mit en relief les deux facettes, souvent contradictoires, de ce qu'on appelle la citoyenneté. D'un côté, une minorité politisée et agissante, celle qui s'exprime dans les médias et dans les rues. De l'autre côté, "la majorité silencieuse" des citoyens qui se contentent (quand ils vont voter) de déposer un bulletin dans une urne (…)

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