Illustration de "Quentin Durward", roman historique de Walter Scott, qui inspira des historiens comme Michelet
Illustration de "Quentin Durward", roman historique de Walter Scott, qui inspira des historiens comme Michelet ©Getty - Jules Huyot (1841-1921)/ DEA PICTURE LIBRARY
Illustration de "Quentin Durward", roman historique de Walter Scott, qui inspira des historiens comme Michelet ©Getty - Jules Huyot (1841-1921)/ DEA PICTURE LIBRARY
Illustration de "Quentin Durward", roman historique de Walter Scott, qui inspira des historiens comme Michelet ©Getty - Jules Huyot (1841-1921)/ DEA PICTURE LIBRARY
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La question de savoir si l'histoire est une science ou un genre littéraire hante le monde des historiens français depuis très longtemps. Cette proximité entre l'histoire et la littérature a été remise en cause lorsque la IIIe République a réformé en profondeur le système universitaire français

Au milieu du XIXe siècle, Jules Michelet, considéré par beaucoup comme l'un des pères fondateurs de l'historiographie moderne, a développé son œuvre dans une forte proximité avec le roman historique de Walter Scott. Bien que la distinction des genres n'était pas encore très forte à cette époque, c'est le travail sur archives qui caractérisait déjà l'historien.

La IIIe République fixa la séparation et la spécialisation des fonctions comme la règle de la recherche universitaire ; ce qui a poussé la nouvelle génération d'historiens à fixer des normes propres à leur profession. Les historiens ont alors redéfini leur discipline par mimétisme avec les sciences physiques et naturelles. Cette manière de faire de l'histoire a été fixée dans des règlements et des habitudes, au point de devenir ce que le philosophe Thomas Kuhn appelait une "science normale", c'est-à-dire une activité scientifique s'appuyant sur un paradigme accepté par ceux qui la pratiquent.

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Dans le prolongement du mouvement contestataire de Mai 68, les appels visant à "déprofessionnaliser l'histoire" ont débouché sur des interrogations nouvelles concernant l'écriture de l'histoire. Dans son ouvrage l'Histoire s'écrit, Hayden White a défini l'histoire comme une "mise en intrigue" et s'est intéressé à la manière dont les historiens agencent les faits qu'ils ont découverts. Ce qui l'a conduit à affirmer - suscitant une contestation - que les récits historiques n'étaient pas "trouvés" dans les archives, mais "imaginés" par l’historien. (…) 

Cette chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant ICI, dès lundi à 9:55, ou du lundi au vendredi à 9:55 ou sur l'application de Radio-France