Pourquoi la répression de la manifestation du 8 février 1962 fut-elle un "massacre d'Etat" ?

Illustration colorée du drapeau de la République Algérienne
Illustration colorée du drapeau de la République Algérienne ©Getty - Universal History Archive
Illustration colorée du drapeau de la République Algérienne ©Getty - Universal History Archive
Illustration colorée du drapeau de la République Algérienne ©Getty - Universal History Archive
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Et si les gouvernants qui auraient pu empêcher un massacre avaient laissé faire, indifférents à la mort d'autrui, se sentant obligés d'appliquer les règles qu'ils avaient eux-mêmes construites ?

Deux grandes manifestations contre la guerre d'Algérie ont été réprimées dans le sang à quelques mois d'intervalle : celle du 17 octobre 1961 et celle du 8 février 1962. La première causa la mort de plusieurs dizaines de travailleurs algériens, peut-être davantage, car aucun chiffre précis n'a jamais pu être établi ; la seconde, objet de la chronique d'aujourd'hui, fit 8 victimes, au métro Charonne, à Paris, et blessa, au total, plus de 250 manifestants.

En janvier 1962, l'OAS multiplie les attentats visant des personnalités ou organisations politiques

En janvier 1962 l'OAS (Organisation de l'Armée Secrète), née le 11 février 1961 pour défendre coûte que coûte l'Algérie française, commença à multiplier les attentats le département de la Seine, visant des personnalités ou des organisations politiques. Le 4 janvier, un commando avait mitraillé l'immeuble du Parti communiste, blessant grièvement un militant. Puis ce fut le domicile de Jean-Paul Sartre qui fut l'objet d'un plasticage. Le 7 février, l'OAS lança une nouvelle campagne d’attentats visant une dizaine de personnalités. La bombe qui explosa devant le domicile d'André Malraux, le ministre de la Culture, défigura une fillette de 4 ans.

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Pour tenter de mettre un terme à ces violences et à la guerre d'Algérie, la CGT, la CFTC, la FEN et l'UNEF décidèrent de manifester le lendemain malgré l'interdiction du préfet de police, Maurice Papon. Les forces de l'ordre ayant reçu pour consigne de disperser énergiquement les rassemblements, l'un des cortèges fut brutalement pris en tenaille au moment où il était en train de se disperser. Une partie des manifestants tentèrent alors de se réfugier dans la bouche du métro Charonne. Le ministère de l'Intérieur prétendra par la suite que les grilles de la station étaient fermées. En réalité, nous savons aujourd'hui qu'au moment de la charge policière, ces grilles étaient ouvertes, et que les policiers ont poursuivi les manifestants à l'intérieur des couloirs et sur les quais de la station.

Un réel carnage qui n'empêcha pas Michel Debré, alors Premier ministre, d'écrire une lettre à Maurice Papon, le 13 avril 1962, dans laquelle il rendait "un particulier hommage à [ses] qualités de chef et d’organisateur, ainsi qu’à la façon dont [il avait] su exécuter une mission souvent délicate et difficile".(...)

La chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant sur le haut de la page. Histoire, économie, sciences, philosophie, histoire de l'art…  Écoutez et abonnez-vous à la collection de podcasts "Le Pourquoi du comment" ; les meilleurs experts répondent à toutes les questions que vous n'osez poser.

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