L'espoir de l'avenir meilleur ailleurs ©Getty - Jasmin Merdan
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Résumé

Le mot "immigration" s'est imposé dans la langue française à la fin du XIXe siècle, lorsque la France est devenue un Etat national.

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Si l'on se place sur la très longue durée, on peut dire que tous les Etats du monde sont de vieux pays d'immigration, puisque l'Afrique est le berceau de notre ancêtre commun, l'homo sapiens.

Quand on parle des émigrants et des immigrants, ce n'est pas seulement le déplacement des personnes dans l'espace que l'on évoque, mais aussi le fait qu'elles ont traversé une frontière

Cet argument présente néanmoins l'inconvénient d'entretenir la confusion entre les mots "migration" et "immigration". Dans son sens le plus général, le terme "migrant" désigne les individus qui quittent leur lieu de naissance pour aller vivre à un autre endroit. Mais quand on parle des émigrants et des immigrants, ce n'est pas seulement le déplacement des personnes dans l'espace que l'on évoque, mais aussi le fait qu'elles ont traversé une frontière. Voilà pourquoi le mot "immigration" ne s'est imposé dans la langue française qu'à la fin du XIXe siècle, lorsque la France est devenue un Etat national, contrôlant de plus en plus étroitement ses frontières.

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Au XVIIIe siècle, la France était le pays le plus peuplé d'Europe. Les grandes vagues migratoires qui avaient permis la formation de la population initiale, celles des Celtes, des Romains, des Germains, des Vikings, s'étaient fortement affaiblies au cours du Moyen Age

Ceux qui contestent l'idée que la France est un vieux pays d'immigration se réfèrent presque toujours à l'histoire de ce qu'ils appellent "les pays neufs", comme les Etats-Unis, l'Argentine ou l'Australie, pays qui étaient très peu peuplés jusqu'à l'arrivée des colons européens. Ce cas de figure, qui obéit à ce qu'on appelle les migrations de peuplement, diffère effectivement du cas français. Au XVIIIe siècle, la France était le pays le plus peuplé d'Europe. Les grandes vagues migratoires qui avaient permis la formation de la population initiale, celles des Celtes, des Romains, des Germains, des Vikings, etc s'étaient fortement affaiblies au cours du Moyen Age. Cela n'empêche pas que des mouvements migratoires, moins massifs et plus pacifiques, se soient poursuivis au cours des siècles suivants, mais nous n'avons pas les instruments statistiques qui permettraient de les mesurer précisément (...).

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