"Le clown Chocolat Dansant dans un Bar". Henri de Toulouse-Lautrec, 1896
"Le clown Chocolat Dansant dans un Bar". Henri de Toulouse-Lautrec, 1896 ©Getty - Picturenow/Universal Images Group via Getty Images
"Le clown Chocolat Dansant dans un Bar". Henri de Toulouse-Lautrec, 1896 ©Getty - Picturenow/Universal Images Group via Getty Images
"Le clown Chocolat Dansant dans un Bar". Henri de Toulouse-Lautrec, 1896 ©Getty - Picturenow/Universal Images Group via Getty Images
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Le clown Chocolat fut le premier artiste noir réellement populaire en France. De lui, l'écrivain, Julien Green, qui vécut son enfance à Paris au début du XXe siècle, écrivait dans son autobiographie. "Je n'avais jamais vu que deux nègres dans ma vie : le cuisinier d'Emily et le Noir, Chocolat"

    Vous avez sans doute entendu parler du clown Chocolat, puisque sa vie fit l'objet d'un film réalisé par Roschdy Zem, avec Omar Sy dans le rôle titre, mais vous ignorez peut-être que c'est grâce au collectif Daja - association d'éducation populaire - qu'il est sorti du néant, tellement oublié que même le célèbre footballeur, Lilian Thuram omit de parler de lui dans son livre sur ses " étoiles noires", paru en 2009.

Pourtant, le clown Chocolat fut le premier artiste noir réellement populaire en France. Voici comment l'écrivain Julien Green, qui vécut son enfance à Paris au début du XXe siècle, parlait de lui dans son autobiographie. "Je n'avais jamais vu que deux nègres dans ma vie : le cuisinier d'Emily et, comme tous les petits Parisiens, le Noir, Chocolat qui faisait rire tout le monde dans son frac rouge, en compagnie du clown anglais Footit. Cela me fait ressouvenir du jour où me trouvant au Nouveau Cirque avec Maman, celle-ci se pencha vers Chocolat qui passait près de nous et elle demanda au nègre de quel Etat il venait. "De Georgie, madame. Moi aussi s'écria ma mère et ils se serrèrent la main". Malheureusement, avec le temps, les souvenirs d'enfance des personnes âgées ont tendance à s'étioler… 

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Il est certes invraisemblable que Chocolat ait serré la main de Madame Green en lui disant qu'il venait de cet Etat américain qu'on appelle la Géorgie, car il était né esclave à La Havane

Alors qu'il n'était encore qu'un enfant, Rafael avait été acheté par un riche colon espagnol pour servir de domestique dans la ferme de sa mère, près de Bilbao. Les villageois qui n'avaient jamais vu de Noirs, ayant voulu lui blanchir la peau avec une étrille, il prit la poudre d'escampette. Tony Grice, un autre clown anglais, l'embaucha comme domestique. Recruté par le Nouveau Cirque en 1886, Tony Grice rencontra un certain succès dans un numéro où il passait son temps à frapper sur son "nègre". Mais deux ans plus tard, c'est Chocolat qui devint la principale vedette de ce cirque grâce à un vaudeville échevelé intitulé la Noce de Chocolat, lequel fut un triomphe.

C'était la première fois que le public parisien découvrait une gestuelle issue de la culture des esclaves afro-américains

Quelques années plus tard, Chocolat s'associa à Foottit pour former l'un des duos d'artistes le plus célèbres de la Belle Epoque. Ensemble, ils inventèrent la comédie clownesque, associant le clown blanc et l'auguste.(…)

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