Comment les crimes contre l'humanité sont-ils possibles ?

Barbelés et crimes
Barbelés et crimes ©Getty - Kolderal
Barbelés et crimes ©Getty - Kolderal
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On parle depuis la Seconde Guerre mondiale de "crime contre l’humanité", mais que veut-on dire par là ?

Il est clair, même dans le droit, que "crime contre l’humanité" désigne des actes précis : des meurtres de masse en raison de l’appartenance à un groupe humain qu’on vise à détruire comme tel, un génocide, au sens précis du terme. Mais qu’ajoute t-on par le mot de "crime contre l’humanité" ? Est-ce une abstraction morale et idéaliste de plus, et bien dérisoire ?  

Le génocide ne désigne pas seulement un crime extérieur d'humains contre d'autres humains, mais une violence ou plutôt une violation intérieure entre les humains, et qui rend leur communauté impossible.

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Il faut prendre ce mot au même sens que le «fratricide» qui surgit dans la fratrie et qui fait surgir l’idée - et non pas l’évidence - de la fraternité ! On est parfois surpris que non seulement le crime contre l'humanité trouve sa source dans le fratricide, dans une sorte de violence intime - et nous révèle la communauté entre ceux qui s'assassinent - mais que le terme s’étende aujourd’hui au delà des humains. Le poète Michel Deguy a parlé de génocide à propos de la Terre, et le terme d’ "écocide" - de meurtre contre l'environnement - semble se répandre. C’est pour désigner justement un crime intérieur, intime, et donc un lien, avec le monde, que les humains peuvent briser. Or, cette extension ne doit pas mener à une confusion, mais à une enquête : comment ces crimes sont-ils possibles, comment la notion est-elle seulement pensable, et comment les empêcher, par des réponses morales, juridiques et surtout, politiques (…) ?

Cette chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant ici, dès mardi à 10:55, et sur notre antenne du lundi au vendredi à 10h55 ou sur l'application Radio France.

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