Comment ne pas réduire le malade à sa maladie ?
Comment ne pas réduire le malade à sa maladie ? ©Getty - RunPhoto
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Traiter la maladie est une exigence éthique, mais au nom de cette exigence, n'oublie t-on pas l'expérience du sujet individuel ?

Il y a toujours une sensation entre les êtres humains que beaucoup de philosophes de la liberté ont désignée comme gravissime sinon fondamentale, c'est la tentation de réduire les êtres humains à une dimension objective, de les réduire à un aspect d'eux-mêmes en les essentialisant - par exemple, le racisme, consistant à réduire un être humain à une dimension supposée objective de sa vie, à la couleur de sa peau, et il y a autant de réductionnisme que de violences politiques.

Le malade ne se réduit jamais à sa maladie

Mais il y a une tentation plus dangereuse peut-être encore, car elle peut aussi participer d'une dimension éthique, c'est paradoxalement une dimension morale qui peut se retourner en risque ; cette tentation est de réduire un être humain malade à sa maladie, de l'objectiver, le réduire à l'état qui le cloue à son lit. Tentation éthique, car devant un être malade le premier devoir est de le guérir. Traiter la maladie est une exigence morale, éthique, mais au nom de cette exigence, est-ce ce qu'on n'oublie pas l'expérience du sujet individuel ? Le malade ne se réduit jamais à sa maladie. Parce qu'il faut objectiver la maladie et ne jamais objectiver le malade (…)

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