Pourquoi Montaigne a-t-il inventé les Essais ?

Michel Eyquem, Seigneur de Montaigne (1533-1592), écrivain, philosophe, moraliste, auteur des "Essais". Portrait anonyme, 16e siècle.
Michel Eyquem, Seigneur de Montaigne (1533-1592), écrivain, philosophe, moraliste, auteur des "Essais". Portrait anonyme, 16e siècle. ©Getty - Archiv Gerstenberg Gerstenberg/Ullstein bild via Getty Images
Michel Eyquem, Seigneur de Montaigne (1533-1592), écrivain, philosophe, moraliste, auteur des "Essais". Portrait anonyme, 16e siècle. ©Getty - Archiv Gerstenberg Gerstenberg/Ullstein bild via Getty Images
Michel Eyquem, Seigneur de Montaigne (1533-1592), écrivain, philosophe, moraliste, auteur des "Essais". Portrait anonyme, 16e siècle. ©Getty - Archiv Gerstenberg Gerstenberg/Ullstein bild via Getty Images
Publicité

ils ont influencé toute la culture européenne et mondiale : pourquoi en réalité les Essais de Montaigne seraient-ils un tel événement ?

Les Essais de Montaigne, disait Léon Brunschwig en 1942, en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale (il mourra deux ans plus tard), dans un livre très beau et très important, intitulé Descartes et Pascal, lecteurs de Montaigne sont "un événement décisif de l'histoire humaine" . Ce qui, à chaque page, soutient l'intérêt des Essais, ce qui fait de leur apparition, "un événement décisif de l'histoire humaine", c'est le va et vient perpétuel, la tension constante entre deux façons d'envisager la culture de l'âme, que Pascal et Descartes reprendront à Montaigne.

Montaigne ne peint pas seulement l'être, il peint le passage

Les Essais de Montaigne sont lus dans tous les pays du monde, ils ont influencé toute la culture européenne et mondiale : pourquoi en réalité serait-ce un tel événement, voire le plus grand événement de la philosophie depuis Socrate ? Montaigne n'écrit que des essais, et ce qu'il met à l'épreuve, c'est toujours deux choses, sans jamais arriver à une théorie générale : d'abord, Montaigne est un Sceptique, comme on dit un peu rapidement, celui qui doute de tout, et donc dans chaque essai, il met en crise un savoir apparemment stable - vient nous montrer que rien n'est stable : il ne peint pas l'être, il peint le passage. Montaigne est un essayeur encore plus qu'un essayiste, il se met à l'épreuve lui-même, veut se peindre lui-même. Il dit, et Blaise Pascal le critiquera férocement ; "C'est moi que je peins" : "le sot projet qu'il a de se peindre" dira Pascal. Et pourtant que dit Montaigne sinon que "nous ne sommes que vent", lui qui pousse à l'extrême, l'essai, l'expérience (...)

Publicité

La chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant sur le haut de la page. Histoire, économie, sciences, philosophie, histoire de l'art… Écoutez et abonnez-vous à la collection de podcasts "Le Pourquoi du comment " ; les meilleurs experts répondent à toutes les questions que vous n'osez poser.

L'équipe